Premier "mardi des blouses blanches" contre la dégradation des conditions du personnel infirmier

Tous les mardis et à partir d’aujourd’hui, le personnel infirmier wallon et bruxellois fera désormais entendre son ras-le-bol face aux dégradations de leurs conditions de travail. D’aucuns parlent déjà de "mardi des blouses blanches", de quoi donner une importance au mouvement comparable à celle des "jeudis du climat".

Si l’on se promène dans les couloirs des hôpitaux bruxellois, l’augmentation de la charge de travail chez le personnel infirmier ne fait aucun doute. Les patients sont les premiers à s’en rendre compte : les infirmiers et infirmières passent leur journée à continuellement "courir d’une chambre à l’autre" nous dit-on. La fatigue du personnel est bien là.


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Le personnel soignant entend dénoncer ce mardi l’augmentation de la charge de travail, de la cadence, une flexibilité accrue, de la polyvalence, ou encore le manque de personnel.

Séjours toujours plus courts

Laurence Hody est infirmière-chef au service cardiovasculaire et thoracique aux cliniques universitaires Saint-Luc et infirmière à l’institut Jules Bordet. Elle déplore la diminution constante de la durée des séjours et des moyens alloués aux hôpitaux : "Si vous devez être opéré d’une appendicite, on estime que vous avez droit à deux jours d’hospitalisation, et le fédéral ne remboursera que ces deux jours. L’hôpital qui arrive à faire sortir le patient au premier jour va quand même en toucher deux, mais l’hôpital qui va garder le patient trois jours ne recevra que deux jours également", explique-t-elle. Par conséquent, les hôpitaux vont naturellement tout mettre en œuvre pour que les patients rentrent le plus rapidement possible chez eux, puisqu’il y va de leur équilibre financier.

Ce mardi aura donc lieu une première journée de sensibilisation, avec une volonté pour le personnel soignant d’exprimer son malaise. Les actions se répéteront tous les mardis, seule la CNE soutient le mouvement pour l’instant.

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