Précarité énergétique en Belgique: un ménage sur cinq a du mal à se chauffer

les personnes les plus fragilisées consacrent une part importante de leurs revenus à l’énergie.
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les personnes les plus fragilisées consacrent une part importante de leurs revenus à l’énergie. - © LLUIS GENE - AFP

Selon le baromètre de la précarité énergétique de la Fondation Roi Baudouin, plus d’un ménage belge sur cinq éprouve des difficultés à se chauffer. Et la baisse des prix du mazout et du gaz naturel entre 2014 et le premier semestre 2016 n’y change rien.

La séquence de grand froidqui a fait descendre la température à des minima rarement atteints à la fin du mois de février, a rendu la situation particulièrement difficile avec la crainte d’une facture énergétique encore plus élevée.

Le baromètre de l’énergie relève aussi que les personnes les plus fragilisées consacrent une part beaucoup plus importante de leurs revenus à l’énergie que d’autres ménages. "Ou sont contraintes de restreindre fortement leur consommation pour limiter autant que possible le montant de leur facture", écrit la Fondation Roi Baudouin.

Trois formes de précarité énergétique

14,5% des ménages ont connu en 2016 une précarité énergétique 'mesurée'. Leur facture d’énergie absorbe 11,8% ou plus de leur revenu disponible (déduction faite du coût du logement). Cela correspond au double d’un ménage moyen, qui y consacre 5,9%.

3,8% des ménages font face à une précarité énergétique cachée. Ce qui signifie qu’ils rognent fortement sur leur consommation en consommant au minimum deux fois moins que des ménages de même taille dans des logements comparables.

Enfin, 4,9% des ménages subissent une précarité énergétique ressentie. Ce sont ceux qui ne disposent pas de moyens financiers suffisants pour chauffer leur logement. Selon la Fondation Roi Baudouin, cette forme de précarité "touche sans doute des ménages qui, au moindre contrecoup, pourraient basculer dans les autres formes de précarité énergétique."

Au total, ce sont donc  21,2% des ménages qui sont "potentiellement touchés" par au moins une des trois formes de précarité énergétique en 2016.

Alors que 8,8% de l’ensemble de la population déclarent être en mauvaise santé, ce chiffre s’élève atteint 19,4% pour les personnes en situation de précarité énergétique.

Une situation qui reste inchangée

Et malgré une baisse du prix de l’énergie durant la période étudiée, cette précarité énergétique n’évolue guère depuis 2009. En revanche, le montant de la facture d’électricité a augmenté en 2015-2016, surtout en Flandre.

Dans l’ensemble, résume l’étude, la facture énergétique médiane a baissé d’environ 12% depuis 2009. Mais cet effet est annulé par la hausse des frais de logement. "Un signe positif est que la 'profondeur' de la précarité énergétique a diminué pour beaucoup de personnes : la part de l’énergie dans leur budget ou leur sous-consommation s’écarte un peu moins de ce qui est considéré comme la ‘norme’."

Les Wallons et les Bruxellois les plus frappés

Le Baromètre fournit des éléments de compréhension supplémentaires. Ainsi, la précarité énergétique est sensiblement plus importante en Wallonie, où 20,4% des ménages connaissent une précarité énergétique mesurée contre 11,4% en Flandre et 13,4% à Bruxelles. Ce qui s’expliquerait par les niveaux de revenus et la qualité des logements (appartements à Bruxelles et maisons isolées en Wallonie).

Alors que "seulement" 4,7% des couples vivent en situation de précarité énergétique mesurée, 28% des isolés et 18,6% des familles monoparentales sont confrontés à cette situation.

Commandité par la Fondation roi Baudouin, le Baromètre de la Précarité énergétique est réalisé annuellement par des équipes de l’Université d’Anvers (OASeS) et de l’ULB (CEESE). La taille de l’échantillon est de 6000 ménages. La fondation relève que ce Baromètre belge inspire désormais "des études similaires au niveau européen, qui verront prochainement le jour."

Ecoutez Caroline George, coordinatrice de projet à la Fondation Roi Baudouin

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