Pourquoi les prévisions météo peuvent différer d'un média à l'autre ?

Nous l'avons tous constaté, les présentateurs météo n'ont parfois pas les mêmes prévisions
Nous l'avons tous constaté, les présentateurs météo n'ont parfois pas les mêmes prévisions - © JAY DIRECTO - AFP

Lorsqu’il s’agit de météo, il est parfois difficile de savoir sur quel pied danser. D’un média à l’autre, les prévisions peuvent changer. La raison tient en trois mots : le modèle météorologique.

"Les modèles météorologiques sont des supers ordinateurs qui calculent des simulations mathématiques pour arriver à un produit qui est un modèle météo, un alignement de chiffres, qui se retranscrit ensuite en cartes, en différents produits", explique Denis Collard, Monsieur Météo de la RTBF.

Des supercalculateurs

Il existe trois supercalculateurs en Europe. Ils se trouvent en France, en Allemagne et en Angleterre. À la RTBF, le modèle utilisé est le modèle "Arome", de Météo-France. "Ce modèle permet une définition d’1km200 sur 1km200. Cela permet de faire une distinction entre toutes les régions". Et de préciser : "Il y a vingt ans d’ici, on travaillait avec une définition de 150km et il y avait trois points de références sur la Belgique. Aujourd’hui, on en a plus de 500"!

Cinq paramètres peuvent être visualisés via ce modèle de prévision numérique : la nébulosité, les précipitations, la température, le vent et les rafales de vent. Tous les jours, à 6h et 18h, ces cartes sont réactualisées. Grâce à ce type de modèle, le travail des présentateurs météo est d’autant plus précis, puisqu’il permet d’affiner les prévisions.

Dans certaines situations, Denis Collard explique utiliser également les prévisions de l’IRM, l’Institut Royal Météorologique. A savoir que plusieurs médias se basent spécifiquement sur ses dernières.

Pourquoi ces dissonances ?

Si le téléspectateur constate parfois des différences, c’est justement parce que tous les médias n’utilisent pas le même modèle météorologique. "Quand on entend des dissonances dans les différents médias, c’est le plus souvent lié à des prévisions sur deux ou trois jours. On est parfois face à un modèle qui va être plus optimiste, en nous faisant remonter un anticyclone du Sud de l’Europe, alors qu’un autre va faire passer une dépression de l’Atlantique. De telles différences sont tout à fait plausibles, précise Denis Collard. Maintenant le vrai travail d’un météorologue est de trouver le meilleur modèle en fonction de la situation météo".

Tout au long de la tempête Ruzica, quelques écarts ont pu être constatés d’un média à l’autre. "Aujourd’hui, les prévisions du site de l’IRM indiquaient, pour cette après-midi (ce mardi, NDLR), un vent très agité, avec des pluies ainsi que des averses soutenues et temporellement des rafales avoisinant les 80km/h. Nous, (avec le modèle "Arome"; NDLR) on est dans une logique où on va avoir des rafales de 80 à localement 100km/h ", explique Monsieur Météo. Une différence qui peut certes paraître légère, mais qui au quotidien peut perdre le téléspectateur. Il ne faut cependant pas oublier que le temps peut rester imprévisible et que Monsieur Météo n’est pas Madame Soleil.

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