Pourquoi les Belges respectent-ils moins le confinement? Voici ce que révèle l'enquête Sciensano

Pour rappel: le non-respect des règles de confinement peut mener à des sanctions financières ou à des peines de travail.
5 images
Pour rappel: le non-respect des règles de confinement peut mener à des sanctions financières ou à des peines de travail. - © Tous droits réservés

Malgré les appels répétés des autorités, les Belges sont de moins en moins à respecter à la lettre les mesures pour endiguer le coronavirus. C’est l’une des nombreuses conclusions qui ressort de la deuxième enquête du centre fédéral de recherche Sciensano.

"Je reste prudent", "je n’appartiens pas à un groupe à risque"… Voici les excuses les plus utilisées par ceux qui ne respectent pas les règles de confinement. Même si les Belges se sentent suffisamment informés sur le COVID-19 et les mesures de protection en vigueur, ils seraient de plus en plus à ne pas respecter strictement les mesures de distanciation sociale et de confinement imposées par le gouvernement.

Entre la première et la deuxième enquête, on note une augmentation de la proportion de personnes qui disent ne pas respecter strictement les mesures de distanciation physique (de 10% à 12%) et les mesures de confinement (de 5% à 7%). Parmi les personnes qui ont rapporté lors de la deuxième enquête ne pas respecter strictement les mesures, plus de la moitié (53%) ont évoqué comme raison qu’ils étaient prudents et que cela ne devrait donc pas poser de problème.

Les Belges qui sont plus nombreux à ne pas respecter les mesures ont peu confiance dans les institutions. L’âge semble également jouer dans le respect des mesures, les jeunes étant moins enclins à les respecter.

Prise de poids

D’autres éléments se retrouvent dans l’enquête du centre fédéral de recherche. Les participants à l’enquête semblent par exemple avoir modifié leurs habitudes liées à l’activité physique durant la crise. Certains la pratiquent davantage, d’autres moins.

En ce qui concerne la sédentarité, le pourcentage d’adultes qui restent assis plus de 8 heures par jour a plus que doublé par rapport à l’enquête de santé de 2018. Un quart des participants à l’enquête disent avoir pris du poids depuis le début des mesures de confinement.

Même si la consommation d’alcool semble avoir diminué, les Belges consomment plus de tabac qu’en temps " normal " si l’on compare à l’enquête de 2018. La consommation de tranquillisants et de somnifères est aussi en augmentation par rapport à l’enquête de santé 2018.

Violences domestiques à la hausse

Les Belges déclarent être davantage victimes de violence domestique. L’enquête révèle notamment que, parmi les victimes de violence régulière (c’est-à-dire hors période de crise), 2 sur 5 déclarent avoir subi une violence accrue au cours de cette période de crise.


►►► À lire aussi : Coronavirus : les appels à l’aide pour violences conjugales se multiplient


La grande majorité des victimes de violence domestique ont indiqué qu’il s’agissait de violence verbale ou psychologique (93,6%), mais 16,6% des victimes ont également subi des violences physiques (y compris sexuelles dans certains cas) ", peut-on lire dans le rapport.

Davantage de Belges déclarent par ailleurs être insatisfaits à l’égard des contacts sociaux dans la deuxième enquête de santé COVID-19 que dans la première (62% contre 58%).

Finalement, les Belges sont surtout inquiets pour la santé de leurs proches et la leur. Parmi les sentiments négatifs qui prédominent, on note également des sentiments d’horreur, d’impuissance, de frustration et de colère par rapport à ce qui se passe.

Troisième enquête sur l’assouplissement des mesures

Plus de 40.000 Belges ont participé à la deuxième enquête publiée par Sciensano. Le premier questionnaire a eu lieu du 2 au 9 avril, le deuxième du 16 au 23 avril. Un troisième volet de l’enquête sera lancé à la fin du mois de mai. Il se penchera sur le ressenti des Belges par rapport à l’assouplissement des mesures, et sur de l’impact de la crise sur notre santé et notre bien-être.

Pour rappel: le non-respect des règles de confinement peut mener à des sanctions financières ou à des peines de travail.


►►► À lire aussi: Coronavirus: peine de travail de 125 heures pour ne pas avoir respecté les mesures de confinement


 

 

 

Marius Gilbert "préoccupé" à quelques jours de la 2e phase de déconfinement (JT du 14/05/2020)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK