Pourquoi la mauvaise humeur persiste-t-elle plus chez certaines personnes? Des chercheurs croient avoir la réponse

Un café qui se renverse, un bus manqué ou encore un pied posé en plein dans une flaque d'eau: ces petits désagréments suffisent parfois à mettre de mauvaise humeur dès le début de la journée. Mais pourquoi cette négativité persiste-t-elle dans l'esprit alors que ces événements sont derrière nous? Et surtout, pourquoi certaines personnes sont plus longuement affectées que d'autres? Dans un article du Journal of Neuroscience, repéré par Science Alert, des scientifiques avancent une piste d'explication.

Des chercheurs de l'Université de Miami ont analysé les données d'une étude menée aux Etats-Unis, qui visait à mesurer le bien-être psychologique de ses participants. A travers celle-ci, les chercheurs ont mis en lumière le rôle prépondérant d'une région du cerveau: l'amygdale. 

L'amygdale plus résiliente chez certains

L'amygdale est une petite zone en forme d'amande (en latin, amygdala signifie amande) que l'on trouve dans chacun des deux hémisphères du cerveau. Elle est en quelque sorte le siège de nos émotions et endosse un rôle clé lorsqu'on tente de se dégager d'un affect négatif. A la base, l'amygdale a une fonction d'alerte qui nous aide à détecter toute menace potentielle. Mais, expliquent les chercheurs, les effets de ce système d'alerte peuvent déborder et affecter notre perception générale.

Ainsi, l'activité cérébrale d'un groupe de personnes a été mesurée pendant qu'on leur montrait des images neutres, positives ou négatives (par exemple des corps mutilés). Et entre chacune d'entre elles, une image neutre était affichée. 

Lors de cette expérimentation, les chercheurs ont découvert qu'après le visionnage d'images négatives, un sentiment négatif persistait chez certains participants et pas chez d'autres. Un phénomène directement lié à l'activité de leur amygdale gauche, ont-ils constaté.

En effet, chez certains participants, cette zone du cerveau continuait à être active, alors même que l'image négative n'était plus visible. Tandis que chez d'autres, l'activité de l'amygdale s'estompait et leur réaction émotionnelle semblait alors se normaliser plus rapidement.

Les chercheurs pensent donc que ces personnes, dont l'amygdale est plus "résiliente", peuvent ainsi se débarrasser de leurs émotions négatives plus rapidement. D'autant que d'autres données, toujours collectées dans le cadre de cette étude, viennent étayer cette hypothèse. Elles montrent en effet que ces mêmes personnes ont tendance à ressentir, dans leur vie quotidienne, des émotions plus fréquemment positives que négatives.

Des moments négatifs amplifiés ou prolongés

Ainsi, "il se peut que chez les individus avec une plus grande persistance de l'amygdale, les moments négatifs puissent être amplifiés ou prolongés. Même s'ils n'ont aucun rapport, les moments qui suivent une expérience négative sont alors imprégnées de négativité," expliquent les chercheurs. "En fin de compte, cette persistance pourrait entraîner plus d'affect négatif dans la vie quotidienne", résument-ils.

Les chercheurs aimeraient reproduire l'expérience avec un plus large échantillon de personnes, afin d'éprouver cette piste qui nous permet d'ores et déjà d'un peu mieux comprendre le fonctionnement général du bien-être. 

La localisation de la mauvaise humeur dans le cerveau

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK