Pourquoi fait-il plus chaud en ville qu'à la campagne ?

Pourquoi fait-il plus chaud en ville qu'à la campagne ?
3 images
Pourquoi fait-il plus chaud en ville qu'à la campagne ? - © Drew Angerer - AFP

En ville, il fait plus chaud qu'à la campagne. Cet effet connu sous le nom d'"îlot de chaleur urbain" (ou UHI) n'est pas nouveau. Apparu au milieu du 20ème siècle, ces vagues de chaleur sont de plus en plus nombreuses à cause du réchauffement climatique.  

Ces vagues peuvent s'avérer meurtrières. En 2003, par exemple, l'Europe a dû faire face à une canicule qui a fait 70.000 morts. En 2015, le plan canicule était activé à Bruxelles et à Huy. En 2017, toute l'Europe était touchée et particulièrement les cours d'eau chez nous

La densité de population en ville et les moyens déployés par les citadins pour refroidir leur lieu de vie provoquent entre autres le réchauffement des rues. Ce phénomène d'îlots de chaleur urbain rend les citadins plus vulnérables aux variations de températures. 

À l'heure où le réchauffement climatique ne cesse d'augmenter, il est important de comprendre comment fonctionnent les îlots et de savoir comment mieux les gérer.

Produit par Aurore Kaiser

En période sèche

Le phénomène est plus fort lors des périodes sèches. C'est à dire que le ciel est dégagé, le vent ne souffle pas, les routes sont en pavés et sans végétation ; et il y a peu d'eau disponible pour l'évaporation. Les conditions sont réunies pour chauffer les matériaux de construction denses et sombres comme l'asphalte. C'est ce que nous vivons en ce début de mois de juillet. La météo prévoit un temps sec et ensoleillé jusqu'à la fin de semaine, au moins. 

Plusieurs types d'îlots

L’îlot de chaleur urbain relatif à la surface : les températures sont observées au niveau de la surface terrestre. À l'aide de satellite suivant le plan de la ville, on mesure les températures des toits et des routes (mais pas des murs). Ces îlots sont plus intenses en journée, au moment où le soleil irradie et chauffe les surfaces. 

L'îlot de chaleur à proximité du sol : les températures sont observées au niveau du sol. Les instruments sont donc placés en dessous des toits. Ce type d'îlot est plus intense la nuit quand le revêtement des rues et l'air se rafraîchissent doucement. Ils sont plus dangereux pour la santé car en période de journée chaude ils empêchent le soulagement nocturne. Parfois, cet îlot peut monter jusqu'à deux kilomètres de hauteur. 

Un îlot ne se forme pas de manière uniforme sur la ville. Il se compose de microclimats. Il augmente des faubourgs au centre mais bénéficie de zones de fraîcheur comme les parcs et forêts. 

Bien que les îlots se forment essentiellement à cause de la structure des villes, il est possible de les gérer en modifiant les caractéristiques physiques des centres urbains. Simplement en augmentant la végétation, en l'étendant ou encore, en utilisant des matériaux claires et plus légers et en aérant les rues. Ces modifications doivent être faites selon le type d'îlot que l'on vise. Si on plante des arbres sur les toits, on dégage les derniers étages des appartements. Mais on emprisonne les rues et on y coince le CO2 par la canopée, explique le site slate.fr

Îlots de chaleur urbains sur Bruxelles

Les îlots existent aussi dans notre capitale selon Bruxelles environnement. L'urbanisation constante de la Région serait à l'origine d'un accroissement moyen de la température à Uccle (centre ville) de 0.09°C tous les 10 ans.  L'Institut Royal Météorologique a mené différentes études afin d'évaluer ces phénomènes chez nous. L'analyse montre qu'ils sont de plus en plus marqués avec le temps, surtout concernant les températures minimales (nocturnes). Elles augmentent parfois de 2,8 fois plus que les températures maximales, selon l'Institut Royal Météorologique. Ils diminuent rapidement en périphérie grâce aux bois et forêts, notamment celle de Soignes. Cela peut s'expliquer par la présence d'un albédo (pouvoir réfléchissant d'une surface) faible dans le centre. En plus d'un albédo faible, l'inertie thermique de la ville est élevée. Elle retient et stocke la chaleur. L'évapotranspiration (refroidissement par évaporation) est limité. Le refroidissement est retardé la nuit. 

Pour le futur

Le changement climatique a un impact limité sur les îlots en moyenne annuelle. Il augmente leur intensité pendant la nuit en hiver et diminue pendant la journée en été. L'augmentation nocturne serait due à une diminution des vents d'ici 2050 selon les simulations climatiques de l'Institut Royal Météorologique de Belgique. Tandis que la diminution en journée durant l'été serait due à un assèchement des sols et une augmentation des températures en zone rurale. 

Le véritable impact du réchauffement climatique sur les îlots aurait lieu en période de vagues de chaleur. Elles intensifieraient l'effet urbain par leur augmentation d'apparition dans le futur selon slate.fr

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK