Pourquoi est-il inutile de prendre une assurance pour son smartphone?

Faut-il prendre une assurance pour son smartphone ?  Pour Test-Achats, la réponse est plutôt : non.

"À l’achat d’un smartphone, on peut toujours être tenté de souscrire ce type de produit parce que le smartphone est cher et on peut l’assurer contre le vol, contre les dégâts accidentels", explique Jean-Philippe Ducart, son porte-parole. "Mais l’analyse qu’on a faite et que nos experts ont réalisée montre qu’en fait ces assurances sont truffées de limitations, d’interprétations et surtout d’interprétations restrictives et d’exceptions."

Or, le prix de ces assurances n’est absolument pas proportionné à la valeur de l’appareil : "Pour un simple smartphone de 200 euros, on a une prime annuelle d’à peu près 72 euros minimum pour une assurance incomplète. Pour des appareils d’une valeur d’environ 600 euros, on arrive à une prime de 129 euros par an. après trois ou quatre ans d’utilisation, la prime a déjà bien dépassé la valeur de l’appareil. Ça représente donc généralement près de 20% du prix d’achat de l’appareil. C’est un peu comme si on devait payer chaque année 4000 euros de prime d’assurance pour un véhicule, pour une voiture de 20.000 euros".

Trop d'exceptions

Pour des appareils à 1000 ou 1200 euros, voire plus, les chaînes de grands magasins notamment mettent la pression sur les consommateurs pour souscrire ce type d’assurance, mais la couverture est trop faible, trop d’exceptions : "Souvent on va alléguer le fait que vous avez été négligent avec votre appareil pour refuser la couverture. En cas de vol,  on voit qu’il y a beaucoup de conditions limitatives, que le vol doit être fait avec violence ou effraction. Mais dans toutes les autres hypothèses, si vous êtes dans un restaurant ou dans un café et que votre smartphone traîne sur la table et qu' on vous le vole, ce ne sera pas couvert par la compagnie d’assurance".

De plus, souvent les vendeurs à qui vous allez acheter ce type d’assurance, ne sont pas formés pour vendre ce type de produits, ils sont insuffisamment informés et vous donnent des informations très incomplètes : "Ça diffère d’un vendeur à l’autre bien évidemment, mais lorsque vous posez des questions précises sur des exclusions, sur des restrictions, sur des exceptions, ils sont incapables de vous répondre. Donc, vraiment, le produit est non seulement mauvais, mais mal vendu". 

Test-Achats préconise donc d'améliorer les couvertures  mais aussi d'imposer un devoir général d’information, comme votre courtier d’assurances ou comme l’assurance qui doit vous donner toute une série d’informations : "Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, et donc il faut que ça change. On a déjà écrit et on avait déjà fait une enquête il y a cinq ans sur ce point, rien n’a changé ou pratiquement rien, et donc nous devons réinterpeller le régulateur du secteur et le ministre de la Protection des consommateurs".

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