Pourquoi des centaines de fonctionnaires wallons sont-ils en burn-out?

Illustration - Pourquoi des centaines de fonctionnaires wallons sont-ils en burn-out?
Illustration - Pourquoi des centaines de fonctionnaires wallons sont-ils en burn-out? - © JOE RAEDLE - BELGAIMAGE

Plus de 360 cas de burn-out diagnostiqués au cours des cinq derniers mois au sein du Service public de Wallonie. De manière générale, on compte environ 170 000 jours de maladie cumulés chaque année dans l'administration wallonne. Des chiffres interpellants. Mais faut-il en conclure que la fonction publique au sud du pays a un réel problème avec la gestion de son personnel ?

Oui, car ces chiffres ne baissent pas vraiment. Mais non, car la situation n'est pas nécessairement meilleure dans le privé.

Ce travailleur du Service public de Wallonie témoigne anonymement. Il a été victime d'un burn-out, un épuisement professionnel. Ce qui l'a fait craquer, dit-il, ce sont des dysfonctionnements classiques : hiérarchie politisée, gestion du personnel défaillante, mauvaise organisation : "Certaines personnes ont trop de travail, d’autres n’en ont pas assez ou pas du tout. C’est tout un système qui conduit à un burn-out, un moment on n’en peut plus".

Aujourd'hui, il a repris le travail sans enthousiasme : "Je ne vois pas d’avenir, ni d’évolution possible".

Cet autre fonctionnaire n'est pas encore en arrêt de travail, mais lui-aussi broie du noir : "Je sens une forte démotivation. Clairement j’envisage d’aller voir ailleurs".

Faut-il déduire de ces témoignages que la fonction publique wallonne elle-même est malade ? En fait, on constate qu'en dépit de tout ce qui a été entrepris pour changer le visage de l'administration, le taux d'absentéisme reste stable, autour de 7,5%. Mais, contrairement à certaines idées reçues, cela reste inférieur aux chiffres relevés par le secrétariat social Securex dans les grandes entreprises privées où le taux d'absentéisme est de 9,5%.

Pour Jean-Marc Nollet, ministre régional de la Fonction publique, cela "montre qu’un travail a été effectué. Mais améliorer les choses, bien entendu, on peut encore améliorer les choses, il le faut".

Améliorer encore les choses pour remotiver les fonctionnaires au bord de la rupture et pour enfin faire baisser sensiblement le taux d'absentéisme dans l'administration.

 

Avec R. Hermans

 

 

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