Pourquoi avoir décidé de fermer les écoles francophones dès le 28 octobre? Voici les scénarios préconisés par le Celeval

Une école fermée
Une école fermée - © Glasshouse Images - Getty Images

Pourquoi les autorités de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont-elles brusquement décidé d’arrêter les cours en présentiel dès le 28 octobre, alors la ministre Caroline Désir déclarait encore le jeudi 22 octobre dernier qu’il fallait préserver l’école : l’enseignement à distance "ne remplace jamais un enseignant face à une classe. Les élèves ont absolument besoin de ces échanges avec leurs enseignants", déclarait-elle.

Il semble qu’un rapport du Celeval (Cellule d’évaluation) daté du 25 octobre ait été déterminant. Ce rapport se base sur plusieurs études publiées notamment par The Lancet et il constate que, dans le passé, la fermeture des écoles avait permis de retarder l’arrivée de pics d’épidémie. Même si le rôle joué par les enfants dans la transmission du coronavirus n’est pas encore clair.


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En se basant sur les chiffres fournis par l’administration flamande et l’ONE, le Celeval constate aussi que les taux d’incidence (pourcentage de nouveaux cas sur deux semaines par rapport à une population de 100.000 habitants) grimpaient en flèche parmi les élèves et le personnel enseignant en Flandre et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Après avoir pesé le pour et le contre de toutes les options, les experts du Celeval estiment que fermer les écoles permettrait d’infléchir la courbe des contaminations et formulent 3 propositions :

  1. Allonger les vacances d’automne (congé de Toussaint) jusqu’au 11 novembre inclus (cela avait déjà été décidé côté francophone mais annoncé ce dimanche côté flamand)
  2. Prolonger les vacances jusqu’au 13 novembre (ce qui crée une interruption de 16 jours, soit 2 à 3 fois la durée moyenne d’incubation du virus).
  3.  Avancer le début des vacances d’automne à la date du 28 octobre (une mesure prise plus tôt est meilleure, quoique plus difficile à mettre en place du point de vue logistique).

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Une telle pause pourrait permettre de limiter l’expansion de l’épidémie afin de tenter de soulager le système de santé.

Finalement, il a donc été décidé d'anticiper la fermeture des écoles... mais sans interrompre officiellement les cours, puisqu'ils doivent selon les recommandations être assurés à distance.

Par la suite, lors de la reprise des cours dans les écoles, les protocoles devront être impérativement adaptés à la situation épidémiologique. Et dans ce cas le Celeval préconise que les élèves de première secondaire puissent assister aux cours à temps plein.

Il faut noter qu’un rapport de la "task force pédiatrique" a aussi évalué les avantages et inconvénients d’un allongement des vacances d’automne.

Ces pédiatres estiment que maintenir les écoles ouvertes fait courir un "risque épidémiologique modeste" aux enfants, à mettre en balance avec les risques psychosociaux, ceux sur l’intégrité physique, ceux de maltraitance, d’abus sexuels, de retard d’apprentissage ou d’accidents domestiques.

Après avoir pris connaissance de ce rapport pédiatrique, les experts du Celeval s’en distancient et continuent à préconiser un allongement des congés d’automne.

L'éducation, une "très importante priorité sociétale", et l'après-Toussaint

Reste que pour les experts du Celeval, l'éducation est une "très importante priorité sociétale". Ceux-ci "souhaitent éviter l'impact négatif sur le bien-être psychosocial des enfants et des jeunes, tel qu'il a été observé lors du lockdown en mars-avril." Mais donc loin d'accuser l'enseignement d'être responsable de la hausse des cas, les experts écrivent que, "malheureusement, les excellents efforts de l'enseignement sont menacés par les mauvais chiffres du reste de la société, singulièrement en Wallonie et à Bruxelles, et avec un certain retard en Flandre. (...) L'éducation, malgré des mesures très strictes, est victime de l'épidémie croissante, sans en être le moteur."

Et ainsi, le Celeval propose des pistes pour la rentrée. Après le "temps mort" de la Toussaint, l'école ne pourra reprendre comme avant. Les experts proposent le code orange à la rentrée, une fréquentation limitée à 50% pour les 2e et 3e années secondaire, un retour à temps pour les 1ere secondaire et toutes les classes de primaire, les maternelles et les crèches. Mais tout ceci devra se faire avec, entre autres, "une stratégie de tests différentes, les écoles doivent être prioritaires pour les tests rapides", des campagnes de sensibilisation sur le masque, des mesures dans toutes les activités extra-scolaires. 

Il est également question d'allonger les vacances de Carnaval, de la même manière que celles de Toussaint pour "garantir que l'école reste ouverte au maximum pendant le reste de l'année." Quitte à devoir rogner sur les vacances d'été, ce qui risque d'être très compliquée... Le Celeval a proposé des mesures draconiennes, mais, à la lecture de ce rapport, il l'a fait en pensant avant tout aux petites (et grandes) têtes blondes, brunes, rousses, etc.

 

 

 

Caroline Désir, la ministre de l'Enseignement obligatoire (PS) était l'invitée de notre 13h:

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