Pour son avocat, le "schizophrène" Kim De Gelder a agi sans mobile

L'avocat a longuement plaidé sur la schizophrénie dont son client souffre et que démontrent à suffisance, a-t-il expliqué, ses déclarations erratiques avant et pendant le procès. "Je peux vous dire que cette table a plus de sentiments que Kim De Gelder. J'ai demandé à mon client cent fois 'Pourquoi?'. Soit il ne répondait pas, soit il me fixait avec un terrible regard perçant. Je suis resté sur ma faim."

A l'entame du procès, Kim De Gelder a remis une "lettre" à son avocat, après que Jef Vermassen, un des avocats des parties civiles, l'eut pressé de révéler son mobile. "C'est le résultat d'un week-end de réflexion", a commenté Jaak Hentjens, en brandissant un morceau de papier. "Pourquoi? Je voulais alors, à cet âge-là, me prouver à moi-même que je pouvais tuer quelqu'un. Désolé pour les assassinats. Je trouve qu'enfermer quelqu'un de cet âge, c'est plus grave que la mort. J'espère une peine clémente", a notamment écrit l'accusé.

Jaak Haentjens a vivement critiqué le travail des experts-psychiatres, fustigeant dès le début le fait que tout le monde puisse devenir expert judiciaire. "Il n'y a même pas de critères pour déterminer qui doit être désigné pour juger de la responsabilité pénale. Ca semble absurde, mais cela ne doit même pas être un psychiatre."

Il a révélé que le trouble de la personnalité schizotypique que les experts-psychiatres ont diagnostiqué chez Kim De Gelder sera versé dans les troubles psychotiques dans la nouvelle version du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). Les experts ont exclu l'hypothèse que Kim De Gelder soit psychotique.

L'avocat a aussi défendu le travail des spécialistes qu'il a mandatés pour réaliser une contre-expertise et a déploré qu'ils n'aient pas pu intervenir plus tôt dans le dossier pénal. "On reproche à nos experts d'être entrés en jeu très tard, trop tard. Mais il a fallu attendre tranquillement les conclusions des experts-psychiatres."

Il a conclu en demandant au jury de reconnaître que son client est malade. "Kim De Gelder n'a pas de mobile, il a commis des faits que personne, personne!, ne peut expliquer. Il a fait ça depuis sa maladie. Il doit être interné."

Procureur: "Ne pas tenir compte de la loi de 2007"

L'avocat général Yves Van Den Berge a exhorté le jury à ne surtout pas faire référence à la loi du 21 avril 2007 relative à l'internement des personnes souffrant d'un trouble mental. "Si vous y faites référence, on s'expose à un second procès", a-t-il prévenu.

En matinée, l'avocat de Kim De Gelder avait, à plusieurs reprises, évoqué cette loi, passée au Moniteur belge le 30 juillet 2007, mais qui n'est toujours pas entrée en vigueur. "Parce que le sort des internés n'intéresse pas le monde politique", avait commenté Jaak Haentjens. L'avocat général, et avant lui l'avocat Walter Damen, ont demandé au jury de ne pas tenir compte de la loi du 21 avril 2007, "puisqu'elle n'est pas encore entrée en vigueur". "Si vous y faites référence d'une manière ou d'une autre dans votre motivation, on s'expose à un deuxième procès", a-t-il mis en garde. Cela pourrait en effet mener à un pourvoi en cassation et obliger à recommencer le procès.

Filip Van Hende, avocat de la puéricultrice décédée, s'est dit déçu des surprises présentées par la défense jeudi matin. "Les lapins que vous avez sortis de votre chapeau ont la myxomatose", a-t-il commenté. Il a rappelé que la norme psychiatrique valable actuellement est toujours le DSM-IV et que le DSM-V n'entrera en vigueur qu'en mai.

Kim De Gelder n'ajoute rien

Kim De Gelder n'a rien souhaité ajouter à la clôture des débats, quand le président de la cour d'assises de Flandre orientale l'a invité à prononcer ses derniers mots.

"Non, je me joins totalement à ce que mon avocat a dit", a-t-il répondu au président Koen Defoort qui l'invitait à prendre la parole à la clôture des débats, comme la procédure le prévoit.

D'après Belga

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