Pour les enseignants, le port du masque en permanence pourrait être dangereux

Pour les enseignants, le port du masque en permanence pourrait être dangereux
Pour les enseignants, le port du masque en permanence pourrait être dangereux - © izusek - Getty Images

Le port permanent du masque par les enseignants pourrait provoquer chez eux de graves problèmes au larynx. C’est ce qu’affirme le professeur G. Desuter, laryngologue aux cliniques universitaires Saint-Luc (Bruxelles) dans une carte blanche publie par nos confrères du Soir.

Produire une voix nous en coûte en termes d’énergie " explique le laryngologue. "Cela est d’autant plus vrai du professionnel de la voix qui se doit de projeter cette même voix durant de longues heures, souvent dans le bruit et se devant de capter l’attention d’un auditoire par l’intonation. L’effort est intense, et met à mal – en temps normal déjà – la physiologie vocale de l’enseignant, mais aussi de l’avocat, du journaliste, du tribun, du comédien du maraîcher, etc. Projeter la voix est un art, une profession en soi."

Porter la voix avec masque

Alors avec l’imposition du masque tout au long d’une journée relève de l’hérésie physiologique dénonce G. Desuter : " Non seulement les flux d’air sont ralentis mais le masque constitue une barrière à la propagation de l’onde sonore. Cela rend déjà la voix conversationnelle fastidieuse mais surtout cela rend la voix projetée im-po-ssi-ble ! "

Et les premiers témoignages d’enseignants affluent chez les syndicats. Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC enseignement a combattu l’obligation du port du masque en permanence dès son imposition.

Nous demandons des pauses des 'aérations' pour les enseignants qui doivent pouvoir respirer et se détendre entre chaque cour. Et cela vaut aussi pour les élèves. Et là où c’est possible, permettre au professeur d’ôter son masque s’il est à distance suffisante des étudiants. C’est une simple question de bon sens et de bonne volonté de la part des directions d’établissement. "

De graves séquelles

La question est d’autant moins anodine que le prof Desuter met en avant des risques sérieux pour la santé : " Outre une fatigue professionnelle d’installation quasi immédiate, il sera à haut risque de lésions traumatiques des cordes vocales. En effet, au déficit respiratoire répondra une tentative de compensation – bien illusoire – par un forçage laryngé créant hémorragies, polypes et nodules. Ces lésions rendent dysphonique et parfois même aphonique. La sanction est sans appel : chirurgie suivie d’une longue rééducation logopédique avec convalescence de trois mois. Certains présenteront malgré tout des séquelles permanentes. "

Du côté de la ministre de l’Enseignement Caroline Désir, on rappelle que le port du masque était la condition sine qua non pour une reprise du cours. C’était imposé par le GEES, le groupe d’experts chargés de plancher sur le déconfinement des Belges. Et à l’époque, ce n’était pas négociable. 

Mais, dès que ce sera possible, la ministre lèvera cette imposition dit-on à son cabinet.

Quant au prof Desuter, il conclut : " Imposer le masque aux enseignants durant leurs cours est comparable à l’action de placer un sabot dans un métier à tisser tels qu’y procédaient les ouvriers nordistes au XIXe siècle afin de démarrer une grève. Mesdames, Messieurs les décideurs, sans modifications des règles vous allez casser l’outil… Et ce sera du sabotage !"

"Port du masque en classe : inconfortable pour élèves et professeurs", reportage de notre JT du 4 septembre :

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