Pour le CEO de Google Benelux, "la Belgique francophone ne considère même pas la Flandre comme un marché"

La Belgique est-elle à la traîne dans la révolution numérique ? Pour Thierry Geerts, le CEO de Google Benelux, la réponse est plus que nuancée. Les Belges ne sont pas en retard, les entreprises oui. Monsieur Google Belgique a d'ailleurs compilé toutes ses idées dans un livre, "Digitalis", qu'il présente sur les ondes de La Première.

Numériser la Belgique créerait 300.000 emplois. Des livreurs aux ingénieurs informatiques, plusieurs corps de métier y trouveraient leur compte. Pour le moment, 70% du chiffre d'affaires qu'engendre le secteur digital s'envole vers les pays voisins tels que l'Allemagne ou la France. Pour Thierry Geerts, il s'agirait d'inverser cette tendance et que les entreprises belges pensent à s'exporter et à développer un esprit plus commerçant, "mais ça ne se fait pas du jour au lendemain", concède le CEO.

4 milliards de consommateurs reliés par internet

Le Belge est en avance dans sa vie de tous les jours en matière de digital, mais les entreprises ne sont pas aussi avancées que leurs consommateurs. "Résultat : si vous cherchez quelque chose à acheter ou faire sur internet, vous allez rapidement vous tourner vers des entreprises étrangères". Or, chaque PME belge a 4 milliards de consommateurs à portée de clic. Et c'est précisément ce constat qui est devenu le pitch de "Digitalis" paru à la fin du mois de mai. "Je voudrais que la Belgique devienne la capitale de cette digitalisation pour que nos entreprises utilisent la force de celle-ci."

Monsieur Google  en Belgique est formel, le premier frein à cette parfaite numérisation est psychologique. "Notre économie va bien donc pas besoin de changer quoi que ce soit. On n'est pas des commerçants dans l'âme." Du coup, l'hésitation laisse place à la peur et les entreprises préfèrent vendre dans leur région plutôt qu'à l'étranger. "Un tiers des sites francophones belges ne sont pas traduits. Ça veut dire qu'ils ne considèrent même pas la Flandre comme un marché."

Il faut adapter les lois aux réalités actuelles

Pourtant, les plans et projets existent tant au niveau régional qu'au niveau fédéral. Cependant, ils ne sont pas toujours alignés les uns aux autres et manquent d'ambition. Pour Thierry Geerts, le changement doit être sociétal. À ce stade-ci, la Belgique reste trop frileuse et "quand on a peur de quelque chose et qu'on le comprend mal, on cherche un exemple qui confirme cette peur. Il y a des mauvais exemples, mais ce ne sont pas des fatalités".

Pour le CEO de Google Benelux, ne pas réguler le web et le monde digital, serait une erreur. Il faut regarder les lois dont nous disposons déjà et les mettre en perspective avec le monde digital. "Il faut adapter les lois aux réalités actuelles, sinon elles vont être contradictoires." Nos lois ne demanderaient-elles qu'à être adaptées à une nouvelle réalité ? Une chose est certaine, la digitalisation, c'est maintenant.

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