Pour l'écrivain Grégoire Polet, "La démocratie est le régime du possible"

Tandis que la contestation gronde de plus en plus au sein de la société, Bertrand Henne recevait ce jeudi l’écrivain Grégoire Polet à l’occasion de la sortie de son dernier roman "Tous". Un opus où l’indignation contre un système politique et économique coupé de la réalité se transforme en révolution, portant les indignés au pouvoir, jusqu’en France et en Belgique.  

Inspiré des évènements de Madrid, le roman raconte comment une démocratie directe radicale, où le président est tiré au sort, permet aux citoyens de retrouver le bien-être ensemble.

Une augmentation de la confiance donnée au peuple

D’emblée l’auteur précise : "Attention, c’est un roman et non pas un essai. La démocratie directe on peut imaginer que cela irait très vite dans la réalité car les décisions sont plus émotionnelles. L’idée est de dire que la démocratie a toujours été un processus qui donnait confiance aux citoyens. Finalement, on a toujours augmenté la confiance donnée au peuple. Et je pense que maintenant le remède passe à nouveau par une augmentation de la confiance donnée au peuple."

La démocratie est le régime du possible

Fable ou roman d’anticipation ? Là aussi Grégoire Polet reste prudent: "C’est plutôt une fable, je n’ai pas joué aux pronostics, la preuve c’est que tout se joue dans le passé. Je me suis demandé que ce serait-il passé si… J’ai emprunté les chemins que nous n’avons pas pris. En 2012, François Hollande n’est pas élu, dans le roman. Est-ce que finalement, beaucoup de choses, en démocratie, étaient possibles ? La vacance de pouvoir en Belgique, est si cela avait suscité plus qu’une frustration ? La démocratie est le régime du possible."

L’époque de Baudelaire est révolue

La sagesse populaire comme solution aux maux sociétaux actuels ? Brexit, Trump, montée des populismes, la réalité ne semble pas aller dans cette direction. "C’est parce que je voyais le monde aller si mal que j’ai décidé d’écrire quelque chose qui irait en sens inverse. Face à ce fatalisme, faisons quelque chose de gai et de joyeux. Il est même presqu’insolent de ramener ces idées de courage, du goût de l’avenir. Le pessimisme est devenue la norme. L’époque de Baudelaire est révolue, on est revenus à celle de Rabelais. Et si nom d’un chien, tout allait bien ?"

"Tous" est donc uchronie donc (un roman qui revisite le passé en se basant sur des événements réels), qui fait circuler un idéal où la sagesse populaire deviendrait la norme, à découvrir aux éditions Gallimard.

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