Pour apaiser la guerre des places de stationnement, le parking partagé

La guerre des places de stationnement
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Trouver une place pour sa voiture en fin de journée est devenu un véritable défi pour les automobilistes. Dans les grandes villes comme Bruxelles, la population ne fait qu’augmenter comme le nombre de voitures. Conséquence, une pénurie de places sur la voirie. Pourtant des emplacements libres en début de soirée, il y en a un peu partout dans les villes. Une société a eu l’idée de mutualiser ces emplacements.

Dans un bon nombre de quartiers densément peuplés, il est de plus en plus courant que des riverains tournent parfois trente minutes avant de trouver une place de stationnement, parfois bien loin du domicile.

Durant des années, Fabienne vivait d’ailleurs un enfer quotidien. Celui de trouver une place de stationnement en début de soirée dans son quartier de la commune de Schaerbeek. Après une longue journée de travail, Fabienne nous explique que c’était la guerre des nerfs : "Depuis cinq ans, cela devient vraiment de plus en plus compliqué. On cherche, on cherche, on cherche… C’est vrai que je devenais nerveuse. Je pouvais en pleurer dans la voiture, je pouvais en crier de ras le bol. Parfois après une heure, j’appelle mon mari et il vient prendre le relais. On maudit tout le monde, ça donne envie de fuir de Bruxelles !"

Mais depuis peu, Fabienne fait partie de ces privilégiés qui ont un emplacement de parking. Sauf que ce parking se trouve dans un bâtiment communal, celui d’un CPAS de la commune de Schaerbeek. En fait, Fabienne profite du concept de parking partagé dans lequel s’inscrit la commune. L’idée, c’est de mutualiser des emplacements en fonction des heures d’occupation. Et donc de donner deux vies à une même place pour le plus grand bonheur des riverains.

Le parking partagé, c’est le fonds de commerce de Julien Vandeleene, fondateur de la société BePark : "On propose une solution de parking pendant un horaire qui est complémentaire. Du coup, on ne propose pas les mêmes tarifs qu’un tarif complet qu’on peut retrouver sur le marché. On est globalement 50% moins cher. Pour un box de parking à Bruxelles, vous pouvez payer plus ou moins 120 euros. Nous, pour des abonnements la nuit et le week-end, on propose 60 euros par mois."

Moins cher, le parking se partage en fonction de l’horaire. De plus, cette société surfe sur la vague du smartphone grâce à une application. Julien Vandeleene nous explique comment le système gère les entrées et les sorties du parking: "On vient adapter notre propre technologie au système d’accès actuel. On a des systèmes de monitoring, d’alerte car les personnes doivent partir le matin. Donc il faut respecter un règlement. L’objectif, c’est que cela fonctionne bien tant pour le propriétaire que pour l’utilisateur. Et nous, on fait le lien entre cette offre et cette demande."

Pression démographique oblige, dans les grandes villes comme Bruxelles, trouver une place est un véritable parcours du combattant. Pourtant des emplacements libres en début de soirée, il y en a un peu partout en ville.

Premier exemple, les parkings des immeubles de bureau. Edouard Herinckx, un promoteur immobilier, a tout de suite adhérer au principe du partage : "Les collaborateurs des différentes entreprises quitte les bureaux aux alentours de 18 heure. Et donc bien entendu, le parking reste vide la plupart du temps la nuit. L’idée était de mettre à disposition des riverains ou à d’autres personnes qui sont dans le quartier à ce moment-là comme les clients des restaurants dans le coin. Essayons de rendre ces places disponibles pour tout le monde. Dans des périodes où de toute façon, elles seraient restées vides."

Que dire des parkings des grandes surfaces systématiquement désertés les soirs et les dimanches. Les riverains d’un quartier saturé de Forest apprécient sans doute la démarche de Jean-Paul Mottard : "Il nous semblait important de rendre service à tous ces voisins qui sont nos clients. D’un point de vue sociétal, je pense que c’est important. D’un autre côté, l’aspect financier n’est pas négligeable pour nous. Donc c’est du win-win."

Autre exemple, les hôtels possèdent pour la plupart un grand parking souvent sous-exploité. Pour Alain Vanbinst, gérant du Thon Hotel Bristol situé avenue Louise à Bruxelles, c’est tout bénéfice pour l’hôtel et pour les riverains : "Il y a deux ans, quasiment 50% des emplacements n’étaient pas occupés. Aujourd’hui, le constat est que le parking est presque totalement rempli."

Rentabiliser des emplacements libres les nuits et les week-ends avec un tarif qui varie entre 30 et 75 euros par mois, le concept a le mérite de rendre la vie des riverains bien moins stressante et d’offrir une solution à la pénurie des places de stationnement dans certains quartiers.

Visionnez notre reportage ci-dessous:

 

Kamel Azzouz

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