"Pour aller sur Mars, la société privée SpaceX me semble plus crédible que la Nasa"

Pour Michaël Gillon, astrophysicien de l'Université de Liège, en posant pour la première fois le pied sur la Lune il y a 50 ans, l'homme "a quitté les limites de notre propre monde, de notre petit univers. On a redéfini les limites de l'humanité. Et on a fait ce que les générations antérieures ont fait: aller toujours plus loin, conquérir de nouveaux territoires. Cela nous a fait rêver aussi, cela nous a montré que l'espace nous appartiendrait peut-être un jour", explique-t-il, interrogé sur La Première.

"Voir l'humanité qui s'étend vers les étoiles est un des rêves de beaucoup de gens, y compris des scientifiques. Mais on en est vraiment très loin" selon lui. Aujourd'hui on ne pourrait pas retourner sur la Lune : "Les missions Apollo étaient basées sur une technologie assez vieille, rudimentaire même". Mettre à jour cette technologie actuellement est "possible, mais ce serait extrêmement cher. Des développements sont faits dans ce sens, mais le coût au niveau d'un Etat, dans le contexte économique et géopolitique actuel, est tout simplement énorme. Malgré toutes les belles annonces qu'on peut entendre, je pense que la motivation n'est pas assez forte pour lancer un programme aussi ambitieux en réalité".

"SpaceX plus crédible que la Nasa"

Actuellement, les retombées économiques doivent être prises en compte. "Par exemple SpaceX, la société d'Elon Musk, me semble plus crédible que la Nasa pour l'objectif d'aller sur Mars. Dans le contexte actuel d'une économie globale, le fait d'avoir des objectifs ambitieux qui vont développer des nouvelles technologies va avoir des retours économiques importants. Les actionnaires peuvent s'y retrouver" estime l'astrophysicien.

Les Terriens pourraient aller chercher dans l'espace des "minerais spéciaux, très chers et très difficiles à obtenir sur Terre, et qui seraient en quantité très grande sur certains astéroïdes proches de la Terre. Ce seraient des missions qui auraient un retour économique fort, voire qui pourraient changer toute l'économie mondiale" dit encore Michaël Gillon.

Imaginer que l'espace puisse être un "plan B" lorsque la Terre ira de plus en plus mal au niveau environnemental, est "totalement un mythe. La seule planète qui nous convienne vraiment est la Terre. Nous sommes le fruit de l'évolution biologique sur Terre, nous sommes totalement adaptés au milieu terrestre. Nous sommes totalement inaptes à vivre sur Mars, ou même sur une exoplanète où il y aurait de l'eau liquide. Le "plan B" c'est le "plan A", c'est la Terre et c'est tout. Installer des colonies dans le système solaire : j'espère que cela arrivera un jour. Mais la maison restera toujours la Terre" conclut l'astrophysicien.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK