Port du masque à l'école: faut-il assouplir les règles?

Faut-il assouplir le port du masque à l'école? Il faut carrément le supprimer, selon une lettre ouverte signée par 70 médecins flamands qui pointent une menace sérieuse pour le développement de l'enfant. Entre sécurité sanitaire et réalités du terrain... Pour en débattre sur le plateau de CQFD: Gauthier Desuter, laryngologue et Pierre Smeesters, chef du service pédiatrie à l'hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola à Bruxelles.

Scolarisation maximale, risque minimal

Pierre Smeesters reconnaît que le port du masque toute la journée est désagréable: "mais ça résulte d'un équilibre entre une envie de scolariser un maximum et un risque qu'on veut aussi limiter au maximum [...] Le masque est un mal nécessaire à l'approche de l'automne. Par rapport aux adolescents, le port du masque généralisé est bien une mesure de précaution parmi d'autres. On s'est beaucoup concentré sur le masque, mais il y a une série d'autres choses. Et quand on compare au niveau européen, on est dans une moyenne", assure le pédiatre. 

Gauthier Desuter assure lui avoir vu ses consultations augmenter depuis la rentrée: "je parle ici des enseignants, pour lesquels les problèmes de voix constituent déjà une maladie professionnelle, avec un pourcentage de "rescapés de la voix", auxquels on va ajouter un obstacle supplémentaire à la pratique. Je ne parle pas des aspects de langage non verbal mais en termes de dynamique vocale. Cette barrière du masque va entraîner de l'absentéisme. Si le but est de réinitialiser l'école, il va falloir préserver cette catégorie professionnelle pour qu'elle puisse continuer à donner cours dans des conditions vocales accepables", estime le laryngologue.

Fragilisation des voix non conversationnelles 

Besoin de solutions adaptées

Les deux médecins s'accordent sur la nécessité de proposer des solutions adaptées et d'écouter les retours du terrain. "Conserver le masque pour les élèves mais permettre à l'enseignant, à condition qu'il respecte une certaine distance physique, de ne plus porter de masque, avec la possibilité d'être sur une estrade ou de disposer d'une amplification vocale, par micro", propose Gauthier Desuter.

Pierre Smeesters rappelle que le risque de transmission reste plus important avec les adultes qu'avec les adolescents et les enfants: "les données récentes montrent que les 20-35 ans sont maintenant ceux qui ont régulièrement le virus dans le nez. Immuniser complètement les professeurs du masque n'est pas l'unique voie, peut-être pour certains [...] mais il faudrait trouver un entre-deux: faire des pauses, placer les enseignants qui ont des difficultés dans les locaux les plus aérés, etc." 

50% d'élèves et de parents contre le masque en classe

Selon une grande enquête sur le coronavirus réalisée par des chercheurs de l'université d'Anvers auprès de 23.000 Belges, plus de la moitié des élèves et parents sont contre l’obligation de porter un masque buccal en classe. Pour ses opposants: "il empêche les interactions et nuit à la concentration". Le sondage montre par ailleurs un recul de l'adhésion des Belges à la vaccination.

Une adhésion qui risque d'être encore écornée à l'école, si les élèves voient leurs enseignants enlever un masque obligatoire et donc déroger aux règles, selon Gauthier Desuter: "Il faut que l'enseignant, qui a un rôle d'exemplarité, reste dans une posture de respect des règles. C'est important que le cadre réglementaire soit bien fixé et qu'il puisse soustraire, quand nécessaire, l'enseignant du port du masque", conclut le laryngologue. 

 

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