Port d'Anvers: la douane renforcée contre le trafic de drogue

Le port d’Anvers est une véritable plaque tournante du trafic de cocaïne. L’an dernier, le SPF finance (en charge des douanes) a communiqué une saisie record de 45,9 tonnes de drogue sur le territoire belge dont 42 tonnes au port d’Anvers. Depuis le début de l’année, 17,5 tonnes de drogue ont déjà été saisies.

Les douanes plutôt satisfaites des résultats engrangés

"Au vu des résultats, on peut quand même constater que nous avons une bonne manière de sélectionner les containers à contrôler, déclare Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances. Il faut savoir que chaque bateau nous envoie une déclaration avec le contenu de ses containers et sur base de ses déclarations, nous sélectionnerons ceux qui seront contrôlés".

Les douanes ciblent donc les containers qu’elles estiment le plus "à risque". "L’une des routes typiques utilisée par les trafiquants de drogue sont bien les routes maritimes existantes venant des pays producteurs de fruits exotiques. Ils vont donc remplir de cocaïne les conteneurs de fruits exotiques et c’est là qu’on retrouve donc régulièrement de la cocaïne au port d’Anvers".

L’importateur reçoit un e-mail lui signalant qu’il doit envoyer son container à la douane, lors de son arrivée au port. Le transporteur doit ensuite amener le container dans un scanner géant, qui vérifiera la cargaison. Problème: certains transporteurs ne s’exécutent pas… et décident de poursuivre leur chemin sans passer par la douane. Ils risquent une lourde amende. Si cocaïne il y avait, elle aura disparu dans la nature.

Des scanners dans les terminaux pour augmenter le nombre de contrôles?

En tout, seuls 34 000 containers sont contrôlés chaque année, soit un pour-cent des containers qui arrivent au port d’Anvers. Les douanes aimeraient en contrôler davantage, et autrement. Car souvent, une des méthodes consiste à déposer un sac dans un container, dans le port d’origine, pour qu'un complice vienne reprendre le sac dans le port d’arrivée, à Anvers. " Là en général il y a des complicités au sein du port pour avoir une copie du scellé. Il faut donc découvrir rapidement ces containers ". La douane dispose d’une sorte de scanner mobile qui permet de vérifier s’il y a des sacs déposés au sommet de la cargaison de chaque container.

Mais l’idéal, serait de disposer des scanners sur les grues au sein de chaque terminal. Une étude de faisabilité est en cours. "Evidemment, il faut encore voir si ce qui est idéal est réalisable, explique Kristian Vanderwaeren, administrateur général de la douane. C’est pourquoi j’ai demandé, avec le soutien de la commission européenne, que soit menée une étude de faisabilité sur la technologie pour réaliser le scanning là où il serait le plus utile, c'est-à-dire sur les terminaux. L’idéal serait d’incorporer le scanner dans les terminaux, mais sans modifier la chaîne logistique, pour limiter l’impact économique ". Si l’étude de faisabilité est concluante, il serait utile d'équiper les autres ports de la même technologie pour que le problème de trafic de drogue d’Anvers ne se répercute pas ailleurs.

Un "Stroomplan" pour une lutte plus ambitieuse encore contre la drogue

Le "Stroomplan" du ministre de l’intérieur Jan Jambon ambitionne de créer une task force "drogue".

"Au niveau de la douane, on a augmenté le nombre d’effectifs actifs dans le combat contre la drogue", précise Kristian Vanderwaeren.

La police locale, fédérale, l’inspection sociale, la douane et le parquet partageront par ailleurs les mêmes bureaux dans le but de favoriser les échanges et renforcer l’efficacité.

Par ailleurs, 5 postes de procureurs "portuaires" seront aussi créés. Ils auront sous leur responsabilité l’entièreté du territoire du port d’Anvers, qui est situé sur deux arrondissements judiciaires: ceux d’Anvers et de Flandre orientale.

 

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