Pologne: manifestation en noir contre l'interdiction totale de l'avortement

Manifestation en faveur de l'avortement, le 22 septembre 2016 devant le Parlement, à Varsovie, en Pologne
Manifestation en faveur de l'avortement, le 22 septembre 2016 devant le Parlement, à Varsovie, en Pologne - © WOJTEK RADWANSKI

Des milliers de personnes vêtues de noir ont manifesté samedi devant le Parlement polonais contre une proposition de loi bannissant totalement l'avortement dans ce pays gouverné par la droite conservatrice catholique, où la législation est déjà l'une des plus restrictives en Europe, a constaté un journaliste de l'AFP.

Stop aux fanatiques au pouvoir

La semaine dernière, la proposition d'initiative citoyenne déposée par le comité "Stop Avortement", interdisant complètement l'IVG, à une exception extrême près - lorsque la vie de la femme enceinte est en danger immédiat - a été admise aux travaux parlementaires, par le vote d'une forte majorité des députés.

Samedi, réunis sous le mot d'ordre "Finies, les blagues!", à l'appel d'un comité "Sauvons les femmes", les manifestants ont brandi des drapeaux noirs et des pancartes: "Stop aux fanatiques au pouvoir", "On a besoin de soins médicaux, non pas de ceux du Vatican" ou "On veut des médecins, non pas des policiers".

"Je suis vraiment en colère contre ces mecs en costumes qui veulent décider de la vie de gens qui se trouvent parfois dans des situations insupportables", a déclaré à l'AFP Anna Blumsztajn, une professeure de lycée venue manifester.

Une prochaine collecte de signatures

Le comité "Sauvons les femmes" a annoncé une prochaine collecte de signatures en faveur d'une initiative législative européenne assurant l'accès garanti à un avortement légal, à l'éducation sexuelle et à la contraception.

"Dans quelques mois, je vous demanderai votre aide pour réunir plus d'un million de signatures. Elles seront destinées non plus à ceux qui nous méprisent mais à ceux qui vont nous écouter", a déclaré Barbara Nowacka, membre du comité "Sauvons les femmes".

La version actuelle du projet débattu au Parlement prévoit une peine de prison pouvant atteindre cinq ans tant pour les médecins et autres personnes participant à l'IVG, que pour les patientes elles-mêmes, mais autorise le juge à renoncer à punir ces dernières.

Les évêques polonais, qui appuient le principe général d'interdiction, se sont également prononcés contre une sanction pénale contre les femmes ayant subi l'IVG.

L'actuelle loi en vigueur autorise l'avortement dans trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.