Pollution de l'air à Bruxelles: des pics "incroyables"

Pollution de l'air à Bruxelles: des pics "incroyables"
Pollution de l'air à Bruxelles: des pics "incroyables" - © DAVID STOCKMAN - BELGA

"Il y a un problème majeur à Bruxelles", lance Pauline Constant de Bruxsel'air. Elle était notre invitée ce jeudi 16 juin sur Vivacité Bruxelles. Cette Bruxelloise a participé à ExpAIR, une grande étude sur la qualité de l’air menée par Bruxelles Environnement (IBGE).

"Vous portez sur vous du lundi au vendredi un dispositif qui analyse l’air (NDLR : à hauteur des voies respiratoires). Vous tenez un journal de bord où vous consignez vos déplacements à pied, à vélo. Si vous êtes à l’intérieur ou à l’extérieur". L’appareil mesure le "black carbon", une particule fine, très nocive, qui vient principalement de la combustion du diesel. A noter que la littérature considère généralement que pour ce type de particules, il n’y a pas de seuil minimum où l’exposition est sans effet.

Des taux régulièrement très élevés

"Les graphiques que j’ai reçu ont montré que j’ai été exposé à un air particulièrement sale. Bruxelles Environnement conseille un taux de maximum 20 µg/m³ … Je travaille rue de la Loi. A l’intérieur ça allait encore, souvent c’était des taux entre vingt et trente, mais dès que je sortais ça montait en flèche. Quand un bus passait, il y a eu des pics à plus de cent !"

D’après l’OMS, en 2012, environ trois millions de personnes sont décédées prématurément à cause de la pollution de l’air. "On est tous concernés par cette pollution de l’air. Mais les enfants sont les premières victimes parce que leur développement n’est pas terminé." Leurs poumons sont en pleine formation. Les impacts de la pollution sont beaucoup plus importants. Ça se traduit par des maladies respiratoires (asthme, bronchite), des problèmes cognitifs (manque de concentration).

Responsabilité citoyenne

Pauline Constant continue de vivre sa vie normalement, à faire du vélo. "On ne peut pas rester enfermé. On doit en tant que citoyens utiliser des moyens de transport plus doux. J’ai vu ces résultats hallucinants. Je continue à faire du vélo." Deux changements dans ses habitudes. Elle roule plus doucement pour être moins essoufflée, et emprunte autant que possible les axes moins fréquentés, moins pollués. Elle ne troquera pas son vélo contre une voiture. "Les chiffres le prouvent l’habitacle ne protège absolument pas. C’est pareil pour les enfants."

"Il faut des mesures radicales"

"Il faut que les politiques entendent notre message et qu’ils décident enfin de mener des actions radicales". Pour se faire entendre, Bruxsel’air mène des actions ludiques, symboliques. Ce samedi 17 juin, à 10 heures, au rond-point Schuman, l’association organise une buggy-parade poussettes pour réclamer un air propre.

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