Police fédérale: action de grève au laboratoire de Bruxelles

Police fédérale: action de grève au laboratoire de Bruxelles
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Une réforme ambitieuse des laboratoires de la police fédérale est sur les rails. Cette réforme répond aux nouvelles normes européennes en matière "d’accréditation" d’analyses scientifiques. Mais elle pose problème en raison du manque d’effectifs policiers. Particulièrement à Bruxelles où le laboratoire de la police fédérale prévoit en principe 44 équivalents temps plein ce qui d'après Alexandre Roleau, délégué syndical du Sypol, est loin de correspondre à la réalité :

"A l’heure actuelle, notre horaire est prévu pour 35 ETP (équivalent temps plein) et il devrait y avoir minimum 44 ETP pour l’application de la réforme au 1er septembre. Mais à l’heure où nous parlons les disponibilités prévues au 30 juin 2018 sont de 31,8 ETP à l’horaire (une personne étant en 4/5eme). On peut mesurer l’écart entre la norme et la réalité… "

Des gardes deux fois plus nombreuses

En raison du sous-effectif, le système de garde prévu dans la réforme va entraîner deux fois plus de gardes pour le personnel. A raison de quinze personnes de garde par jour en lieu et place de sept actuellement, les personnes devront prester plus souvent. Ce qui se fera au détriment des autres missions du laboratoire car en cas de garde, le personnel étant susceptible de partir sur le terrain rapidement, il n’a pas la même disponibilité pour procéder aux analyses et aux rédactions des procès-verbaux

Un système de garde en mosaïque

Jusqu’ici les gardes s’organisaient selon une répartition d’une semaine sur cinq mais ces gardes se feront dorénavant sur des périodes plus courtes et donc plus fréquentes.  Pour Alexandre Roleau, c’est une mauvaise opération tant pour le personnel que pour la police fédérale :

"Cela va être une spirale négative. De plus en plus de gens vont partir à cause des contraintes horaires, il y aura donc de plus en plus de permanences de garde pour ceux qui restent, ce qui va démotiver les autres qui partiront à leur tour… Deux personnes ont déjà rentré 'une mobilité' ce qui signifie chez nous qu’elles sont en recherche d’une autre fonction au sein de la police fédérale ".

Or pour remplacer et former une personne compétente pour le labo ajoute le syndicaliste, il faut au minimum dix-huit mois pour qu’il devienne opérationnel, soit inspecteur principal spécialisé, ensuite il leur faut six mois pour obtenir le brevet de laboratoire et quatre mois pour le brevet judiciaire. La réforme des horaires a été entérinée par un seul syndicat, ce qui permet de l’adopter. Mais les réactions du personnel pourraient inciter la direction de la PJF à revoir leur copie.

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