Plus discrète que les Gilets jaunes, la mobilisation des coquelicots contre les pesticides prend de l'ampleur

La présence de coquelicots, indice positif de la santé des sols.
La présence de coquelicots, indice positif de la santé des sols. - © JEAN-PIERRE MULLER - AFP

Ces derniers mois, les gilets jaunes et les marches pour le climat ont attiré toute l’attention des médias français. A côté de ces deux grands mouvements, la mobilisation des coquelicots prend à son tour de l’ampleur dans l’Hexagone.

Traditionnellement associé à la Première Guerre mondiale, le symbole du coquelicot est tout autre depuis cinq mois chez nos voisins: celui de l’agriculture sans pesticides. Lorsque cette fleur fait partie du paysage, cela signifie en règle générale que le sol de l’endroit est en bonne santé.

Lancée par Fabrice Nicolino en septembre 2018, la mobilisation "Nous voulons des coquelicots" est aujourd’hui présente partout en France.

Un mouvement qui décolle

Au fil du temps, le nombre de participants aux mobilisations s’accroît, tout comme le nombre de signatures sur la pétition en ligne. Tous s’unissent contre l’usage des pesticides, qualifiés de "poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs", peut-on lire sur le site dédié à la pétition.

Chaque premier vendredi soir du mois, ils sont des dizaines, voire des centaines, de militants à se rassembler devant les mairies françaises. Lors du dernier rassemblement, au début du mois de février, ils étaient 780.

Si l’interdiction des pesticides est leur objectif commun, les motivations de chacun sont semblables : la défense de la biodiversité et la question autour du mode de fonctionnement de l’agriculture. Selon Fabrice Nicolino, l’initiateur du mouvement, l’appel aux mobilisations fonctionne "car il sort des discours politiques et s’appuie sur le besoin de préserver la beauté du monde".

D’ici 2020, les défenseurs de cette cause espère obtenir cinq millions de signatures. Cinq mois après son lancement, plus de 500.000 personnes ont déjà salué le projet. La sortie d’un clip est prévue d’ici quelques jours et 200 événements sont déjà annoncés pour le 1er mars.

La France, loin de s'en tirer

Alors que, selon le quotidien Libération, l’utilisation de pesticides en France augmente légèrement pour les usages agricoles, il est difficilement imaginable que le pays parvienne à baisser de 25% les ventes de ce type de produit d’ici 2020.

Fin janvier, le Président français, Emmanuel Macron, déclarait qu’il était impossible de se passer complètement du glyphosate, l’herbicide le plus vendu.

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