Plus de la moitié des femmes discriminées au travail pendant leur grossesse

Plus de la moitié des femmes discriminées au travail pendant leur grossesse
Plus de la moitié des femmes discriminées au travail pendant leur grossesse - © JASON CONNOLLY - AFP

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a publié son rapport pour l’année 2016. La grande majorité des plaintes a été déposée par des femmes et concerne des discriminations dans le monde du travail. La place des femmes sur le marché de l’emploi reste vulnérable.

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a reçu 549 signalement en 2016. Un tiers de ces signalements concerne l’univers du travail. Et parmi ces signalements, la grande majorité a été introduite par des femmes (70%).

Les discriminations des femmes s’étalent tout au long de leur carrière et plus particulièrement lors de la période de la grossesse et de la maternité. Plus de la moitié d'entre elles a connu ce genre de situation.

Mon patron a changé de visage

C'est le cas de Charlène. Elle travaille depuis trois ans dans une PME lorsqu'elle tombe enceinte. L'annonce à son patron se passe bien. Cinq mois après son accouchement, elle met sa fille à la crèche et reprend le chemin du travail. Mais qui dit crèche dit aussi petits virus, elle doit s'absenter trois ou quatre fois pour s'occuper de sa fille. Et c'est à ce moment-là que son patron dévoile un autre visage. "Très rapidement, j’ai compris que ça n’allait pas bien se passer, que si je devais prendre une demie journée de congé parce que ma fille était malade, j’avais des remarques grinçantes, des petits e-mails bien sentis, piquants", raconte Charlène.

J'ai été licenciée pour "raisons économiques"

Le changement d'attitude ne s'arrête pas là. Désormais, Charlène n'est plus invitée aux réunions de travail, son avis n’est plus pris en compte, son patron l’ignore purement et simplement dans les couloirs. Jusqu’au jour où elle est licenciée pour des raisons économiques six mois après être revenue au travail. "C'était assez évident que ce n'était pas la vraie raison. Très vite, il a engagé quelqu’un pour me remplacer en freelance pour contourner la situation. Et en plus, il a menti sur mon C4, il avait écrit dessus que j’étais plus souvent absente que présente et que je mettais la société en danger alors que c'est totalement faux", se rappelle-t-elle.

C'est une période qui a été très difficile pour Charlène. Une période au cours de laquelle elle a beaucoup culpabilisé et s'est souvent remise en question. Depuis cet épisode, elle n'a pas repris un travail d'employé à temps plein. Elle travaille deux jours par semaine en tant qu'indépendante pour pouvoir s'occuper de ses deux filles.

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