Plus de dépistages en Belgique : la volonté y est mais pour le concret, il faut encore attendre

Le dépistage du covid-19 devrait s'intensifier en Belgique
Le dépistage du covid-19 devrait s'intensifier en Belgique - © FRANCK FIFE - AFP

Pour l’instant, seuls les patients les plus malades subissent les tests leur permettant de savoir s’ils sont oui ou non contaminés par le Covid-19. Les hôpitaux belges testent ainsi entre 2000 et 2500 malades par jour. Au total, 30.000 tests ont été effectués dans le pays depuis le début de la crise. La Belgique est-elle en mesure de faire plus ? Pour l’instant, la réponse est non. Mais la volonté y est, une "task force" a même été mise en place.

Un plan est en cours d’élaboration

L’utilité d’intensifier le dépistage ne fait pas débat, l’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs insisté sur la nécessité de mener plus de tests. Cela permettrait d’avoir une meilleure idée de l’évolution de la maladie mais aussi de ne pas laisser des porteurs du virus qui s’ignorent contaminer d’autres personnes, on pense notamment au personnel médical.

Lors du point presse sur l’état de la situation en Belgique, le docteur Emmanuel André a lui aussi expliqué : "Nous savons que pour passer les prochaines étapes de cette épidémie, nous allons devoir augmenter de façon importante la capacité de diagnostic. Un plan est en cours d’élaboration pour augmenter très significativement cette capacité totale. Le plan implique les hôpitaux, les laboratoires de biologie clinique mais aussi les universités et le secteur privé. Il y a une mobilisation importante qui est en train de s’activer pour le moment […] Pour diagnostiquer plus, il faut une structure de laboratoires très puissante et c’est ce que l’on active en ce moment."

Pour ceux à qui le mot "task force" donne quelques frissons parce qu’il n’évoque pas toujours une action rapide, nous avons bien tenté de savoir ce qui se préparait auprès du ministre Philippe De Backer (Open VLD), en charge de cette task force. Le travail est en cours, des informations tomberont dans les prochains jours. Voilà pour l'essentiel tout ce que nous avons pu obtenir.

De nouveaux protocoles et plus de réactifs

Ce qui est sûr, c’est que des pistes existent pour augmenter la capacité de dépistage en Belgique. La semaine dernière, l’Université de Namur a présenté une nouvelle technique de diagnostic qui permettrait de se passer d’un réactif pour lequel une pénurie existe. Ce protocole est en cours de validation dans plusieurs hôpitaux.

Concernant les produits réactifs nécessaires pour faire ces tests de dépistage, la solution pourrait venir du monde des entreprises. Certaines sociétés travaillent à l’augmentation de la production de ces fameux produits, comme l’explique Frédéric Druck, Administrateur délégué wallon d’Essenscia, la fédération des entreprises chimiques et pharmaceutiques : "Depuis quelques jours déjà, la société Eurogentec travaille avec les acteurs de terrain pour fournir les réactifs nécessaires. Elle est prête à monter en puissance en matière de production et de mise à disposition de ces réactifs."

Jusqu’à 10.000 tests par jour d’ici peu

Si tout se met en place rapidement, les modalités de tests pourraient être adaptées. Invité sur le plateau de C.Q.F.D., Marius Gilbert, chercheur en épidémiologie à l’ULB estime que la Belgique fera évoluer le système en deux temps : "Je pense que l’objectif est d’arriver à une capacité de 10.000 tests par jour d’ici une ou deux semaines. Parmi ces tests, il y aura des tests plus rapides, avec des résultats dans les 15 minutes. Ils sont un peu moins fiables mais s’avèrent très utiles par exemple pour faire le tri des patients dans les hôpitaux […] L’étape suivante, c’est de grimper encore pour pouvoir passer d’une stratégie de confinement généralisé à une stratégie isolement ciblé sur les personnes réellement malades et une mise en quarantaine de leurs proches ou des personnes avec qui elles ont été en contact. Pour cela, on parle plutôt d’un délai de 4 à 6 semaines."

 

Marius Gilbert (ULB) sur le dépistage

Si ces premiers échos sont plutôt positifs, il reste du travail. Les protocoles doivent être validés, la production commencer, il faut aussi du personnel en suffisance pour mener les tests. Bref, les résultats promis par la "task force" sont très attendus

>> A revoir, le reportage du 20 mars 2020 – UNamur : un nouveau procédé de diagnostic du coronavirus

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