Vaste opération: 638 armes saisies et 51 personnes en détention

La vague de perquisitions a lieu ce 9,10 et 13 septembre. Elle s’est déroulée à différents endroits du pays sous la direction de plusieurs juges d’instruction et de procureurs du roi. 800 policiers étaient mobilisés sur ces actions. Au total, 638 armes ont été saisies dont des riot-guns, des armes semi-automatiques, des armes de poing ou de chasse. 205 personnes ont été interpellées. 51 ont été privées de liberté. Les perquisitions ont également permis de saisir plusieurs kilos de drogue et deux plantations de cannabis.

Le milieu du grand banditisme est-il visé ? Pas spécifiquement. Les enquêteurs ont fait irruption chez des suspects déjà connus pour des faits criminels comme du trafic de drogue mais aussi chez bon nombre de particuliers, jamais inquiétés par la Justice jusque-là. Certains auraient par exemple acquis des armes pour augmenter leur sentiment de sécurité. Toutes ces personnes sont soupçonnées d’avoir détenu des armes de manière illégale.

 

 

Au point de départ, une armurerie de Maubeuge

Les Belges inquiétés par la Justice aujourd’hui ont tous acheté leurs armes dans une armurerie de Maubeuge. La direction du magasin n’a pas souhaité répondre à nos nombreuses sollicitations et nous renvoie à une déclaration transmise au quotidien français "La Voix du Nord" : "Nous avons été contrôlés par les services de police français et belges au sujet de vente d’armes. En ce qui nous concerne, nous avons strictement respecté la réglementation française (pièce identité et licence de tir ou permis de chasse). Ces armes ont été enregistrées après vérifications des documents."

Grâce à la coopération des services français et belges, les enquêteurs ont pu retracer l’achat de plusieurs centaines d’armes par des clients belges. Ces armes étaient souvent achetées sous le couvert d’une attestation de tir sportif en France. Celle-ci ne permet pas une détention en Belgique.

Pas d'autorisation pour ramener les armes en Belgique

Les acheteurs devaient être munis d’une autorisation d’importation pour ramener les armes en Belgique. L’armurier a-t-il vérifié si ses clients belges disposaient de cette autorisation ? Pas de réponse de sa part. Pour les enquêteurs belges, bon nombre de clients de l’armurerie n’avaient pas l’autorisation de ramener ces armes en Belgique. Les personnes visées pourraient donc être poursuivies pour trafic international d’armes. Elles risquent de 800 à 200.000 euros d’amende et jusqu’à 5 ans de prison.

Contacté par nos soins, l’avocat Yves Demanet, spécialisé en législation des armes, réagit. Il considère qu’il est difficile de plaider l’ignorance dans ce genre de situation. "La législation a changé à de multiples reprises et sa lecture est extrêmement difficile" mais, insiste-t-il, "depuis 1989, les armes sont soumises à autorisation et on ne peut pas penser qu’on peut acheter des armes dans n’importe quel pays et les ramener en Belgique. C’est bien entendu la loi belge qui s’impose."

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