Plus de 20 000 prostituées soumises à l'exploitation en Belgique

Plus de 20 000 prostituées soumises à l'exploitation en Belgique
Plus de 20 000 prostituées soumises à l'exploitation en Belgique - © Tous droits réservés

Selon une estimation de la police fédérale, la prostitution peut être cachée, ou au vu de tous, en rue, occasionnelle ou régulière. Mais 26 000 prostituées, c'est plus que la précédente estimation. Parmi ces femmes, celles forcées de vendre leur corps sont de plus en plus nombreuses. Environ 8 sur 10 sont contraintes de se prostituer par un proxénète.

La première difficulté, c'est de localiser les victimes, des victimes qui, bien souvent, ont peur de parler.

"Il faut d’abord qu’il y ait un lien de confiance qui s’établisse. Ca peut prendre très très longtemps : plusieurs mois, plusieurs années, aussi étrange que cela puisse paraître. C’est une réalité dont on ne parle finalement pas très très souvent", explique Christine Lemmens, la directrice d'Entre2, une association qui accompagne les personnes prostituées.

Cette dernière insiste aussi sur la diversité des situations. Parfois le proxénétisme s'accompagne de violences physiques. D'autres fois non, ce qui rend le phénomène encore plus difficile à appréhender. En Belgique 500 policiers se consacrent à la lutte contre les proxénètes, une démarche essentielle mais insuffisante pour la directrice d'Entre2.

Ne pas oublier la prise en charge des victimes

"Lutter contre le proxénétisme, c’est absolument nécessaire, mais il serait naïf de dire que parce que certains proxénètes sont arrêtés, il n’y en aurait pas d’autres derrière qui attendent de prendre la relève", explique-t-elle. D'autant plus que, du coup, on en oublie l'essentiel selon Entre2."Ce qui nous intéresse, en tout cas, à notre niveau, c’est de savoir ce qui est mis en place pour que les victimes de ces proxénètes soient prises en charge. Et là, malheureusement, on ne voit rien venir".

Pour elle sur ce terrain, les autorités publiques seraient trop peu présentes. Une mission laissée à la charge des associations.

La police souligne aussi la difficulté de s'attaquer aux proxénètes. Des réseaux de mieux en mieux organisés et qui savent parfaitement comment s'y prendre pour échapper aux contrôles.

RTBF

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