Plus de 2.300 rapports dressés lors d'une opération internationale visant les colis

Plus de 2.300 rapports dressés lors d'une opération internationale visant les colis (2)
Plus de 2.300 rapports dressés lors d'une opération internationale visant les colis (2) - © DIRK WAEM - BELGA

L'opération internationale Postbox II, menée en mars dernier par la douane belge en collaboration avec l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), a permis de dresser 2.320 rapports concernant des produits prohibés transitant par la poste et les services de courriers. Le commerce de contrefaçons, les drogues ainsi que les animaux et les plantes protégés étaient visés. Rien qu'en Belgique, 505 rapports ont été établis. Au total, les services douaniers de 22 pays européens ont travaillé de concert avec Europol.

La Belgique se trouve en tête pour le nombre de rapports dressés (505), suivie par l'Italie (482) et l'Irlande (310). Ces 505 rapports ont été réalisés sur base de 794 constatations de produits interdits, dont 365 en matière de contrefaçon, 341 en matière de drogues et 88 relatives aux plantes et animaux protégés, droits à l'importation, accises, armes ou médicaments.

Outre les contrôles et saisies, une "cyberpatrouille" a été créée dans le but d'identifier sur le web et le dark web les vendeurs des produits contrefaits, a expliqué lors d'une conférence de presse mardi Frederick Vanneste, inspecteur principal à l'Administration des douanes et accises. Le travail de cette patrouille internationale, composée de spécialistes en cybercriminalité, a débouché sur l'ouverture de 50 dossiers et l'identification de 30 suspects. Il s'agit d'une première en termes de coopération internationale entre les services douaniers européens.

En effet, internet, et plus précisément les réseaux sociaux, sont de plus en plus utilisés comme canaux pour écouler des produits illégaux, principalement originaires de Chine. Des dizaines de milliers de Belges sont ainsi membres de groupes Facebook privés servant à commercialiser de tels produits, a exposé Kristian Vanderwaeren, administrateur général Douanes et Accises. Les marchés chinois prennent de plus en plus de mesures à l'encontre des personnes qui utiliseraient leur plateforme pour proposer des produits contrefaits, d'où ce contournement via les réseaux sociaux. L'acheteur potentiel est renvoyé vers une boutique en ligne "ordinaire" sur laquelle il commande par exemple un t-shirt ou autre objet, mais il reçoit à la place le produit de contrefaçon.

"La contrefaçon en provenance de Chine devient un véritable fléau et est préjudiciable pour nos entreprises", a déclaré le ministre des Finances Alexander De Croo, venu assister mardi aux opérations de douanes à Brussels Airport à la suite de la conférence de presse. Selon lui, la collaboration au niveau européen est la seule manière d'y mettre un terme. L'échange d'informations entre pays est à ce titre crucial.

Il ressort également du rapport que la Belgique est un point de départ important pour les drogues de synthèse, avec une organisation menée depuis les Pays-Bas. Ce commerce de drogue s'établit principalement sur le dark web, acheteurs et vendeurs voulant préserver leur anonymat.

"Nous ne pouvons pas ouvrir tous les colis mais nous tirons d'importantes leçons de ce type d'opération" afin de renforcer encore les collaborations à l'avenir, a conclu Ernesto Bianchi, directeur du département enquêtes de l'Olaf. "L'e-commerce représente une opportunité pour le commerce, mais hélas aussi pour les fraudeurs", a-t-il encore noté, mettant également en garde sur le danger que peuvent représenter les produits contrefaits.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK