Coronavirus et confinement: plus de 13.000 indépendants se mobilisent sur Facebook pour appeler à l'aide

Au départ, c’est un coup de gueule. Celui d’un indépendant, actif dans le secteur de la construction dans le Namurois. 

Alors que la crise du coronavirus et le confinement touchent son activité et celles de ses confrères indépendants, Vincent Maillen rédige un post sur sa page Facebook : "On est indépendant, on le sait et on est dans la merde". 

Le message prend vite de l’ampleur, est commenté, relayé par d’autres. Vincent Maillen lance alors une nouvelle page Facebook, totalement dédiée à ce ras-le-bol des indépendants "dans la merde" et à leurs revendications


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Créé le 6 avril, le groupe Facebook compte aujourd’hui plus de 13.000 membres. "Cela grandit de quasi 1000 par jour. C’est assez étonnant et en même temps, cela ne l’est pas, puisque je me rends compte que, dehors, ça va mal", résume Vincent Maillen.

Du coup de gueule de départ, la page Facebook a évolué en proposant aux autorités des pistes pour aider mieux les indépendants à faire face au confinement et à ses conséquences lorsque les entreprises sont ralenties ou à l’arrêt. " Le but, c’est de proposer au gouvernement et aux responsables politiques de vraies mesures concrètes, applicables tout de suite, pour ne laisser aucun indépendant sur le trottoir ", explique l’initiateur de la démarche.

Parce que pour Vincent Maillen et ceux qui le suivent, ce que les autorités font jusqu’à présent pour les indépendants est insuffisant ou inadapté. "Le gouvernement ne fait pas assez et le fait mal. C’est facile de critiquer mais ils n’ont pas assez anticipé ce qui arrivait", explique Vincent Maillen.

Et il poursuit : " ujourd’hui, des indépendants qui vont au CPAS après un mois de confinement parce qu’ils n’ont plus d’argent devant eux, c’est inadmissible".

Des propositions concrètes

Au nom du groupe Facebook qu’il a créé, Vincent Maillen a fait parvenir à la Première ministre, aux présidents de partis et aux responsables politiques du pays des mesures concrètes qui, selon lui, pourraient être mises en œuvre rapidement.

"Il y a six mesures concrètes. C’est un pacte. S’ils appliquent cela, tout le monde pourra s’en sortir. Ceux qui étaient déjà en difficulté avant, cela ne va peut-être pas les sauver, mais la majorité du tissu économique peut être sauvée. C’est primordial, CPAS, etc. Et cela coûterait beaucoup plus cher", explique Vincent Maillen.

Parmi les six propositions faites par le groupe d’indépendants, une concerne la prime régionale, cette aide financière de 5000 euros.

Il faut, suggère Vincent Maillen, modifier les critères d’octroi pour être plus équitable. " Je vais prendre un cas concret : vous avez une coiffeuse qui a un petit salon, qui travaille toute seule. Elle reçoit 5000 euros. Vous avez un voyagiste qui a dix agences de voyages, il reçoit aussi 5000 euros. On voit où est le problème ce n’est pas équitable", regrette Vincent Maillen.

Une réforme du droit passerelle est aussi souhaitée car les indépendants estiment qu’il est actuellement fixé de manière arbitraire et peu adaptée à la situation de chaque indépendant.

Une autre proposition concerne les loyers pour les locaux professionnels qui, selon le groupe d’indépendants, devraient être pris en charge par l’Etat pendant la durée du confinement. Il est aussi question des cotisations sociales, d’une demande de gel des amendes et des intérêts.

Le groupe demande aussi un effort supplémentaire des banques qui devraient accepter des reports de remboursement "intelligents, pas pour asphyxier les indépendants dans un, deux ou trois mois", réclame Vincent Maillen.

Dans la merde

Des mesures existent, le groupe d’indépendants ne le conteste pas, mais pour ce groupe, la preuve est là qu’elles sont inadaptées : "La réalité du terrain, aujourd’hui, ce sont des indépendants qui disent être dans la merde. Si les mesures étaient bonnes et bien réfléchies, ce ne serait pas le cas", conclut Vincent Maillen.

En espérant être entendu, le groupe d’indépendants s’est trouvé un slogan "Ensemble, trouver le Rem’aide".

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