Pluie, forte affluence et règles sanitaires… Les commerces dits "non-essentiels" ont pu rouvrir ce mardi en Belgique

C’est l’une des grandes décisions du comité de concertation de vendredi dernier. Après un mois de fermeture et à quelques jours de la Saint-Nicolas et de noël, les commerces non essentiels ont pu rouvrir leurs portes ce mardi. Ce sont donc plus de 43.000 commerces qui, au pas de charge, s’apprêtent à nouveau à pouvoir accueillir leur clientèle.

Comment se déroule cette journée ? On prend le pouls.

Règles sanitaires strictes

Tout d’abord, pour rouvrir, les commerces doivent respecter des règles sanitaires strictes. En effet, dans les centres commerciaux, le nombre de visiteur est limite à un visiteur par 10 mètres carrés. L’enseigne doit aussi mettre à disposition de ses visiteurs les produits nécessaires au bon lavage des mains et installer une signalétique au sol destinée à respecter des distances d’1,5 mètres de sécurité entre chaque client. La distance est aussi de mise dans les centres-villes mais c’est aux autorités communales de garantir le respect des règles.


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A quelques heures de l’ouverture, on se prépare

Les commerçants ont eu quatre jours pour se préparer alors que nous entrons dans une période particulièrement intense à l’approche des fêtes. Mais à quelques heures de la réouverture, ils étaient nombreux à se réjouir que l’activité redémarre.

Et avec l’année particulière, marquée par la pandémie qu’ils ont vécue, cette bouffée d’air ne sera pas de trop. "Je suis heureuse de retrouver mes clients, très heureuse de recommencer à travailler", expliquait Coline Dubuisson, propriétaire du magasin de jouets Woodee à Schaerbeek.

Mais comment se préparer ? Comment éviter le rush de la population ? Les commerçants ont d’ailleurs tenu à rassurer les consommateurs. "Il y aura du stock pour tout le monde", expliquaient ce week-end des commerçants en pleins préparatifs. "Il n’est pas nécessaire de venir faire du shopping le premier jour de réouverture ou ce samedi-ci", ajoute-t-on du côté de Comeos.


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"C’est assez compliqué de fermer puis rouvrir. Vendredi soir (l’annonce des nouvelles mesures par les autorités, ndlr) c’était un peu le coup de massue. C’est une bonne nouvelle mais c’est toujours un petit choc émotionnel. Mais bon, l’année 2020 est placée sous le signe des bouleversements et de la créativité, alors on s’adapte", raconte Coline Dubuisson. "Nous, on mettra de la musique et des petites choses pour permettre l’attente devant notre magasin", ajoute la commerçante.

"On va analyser la situation de jour en jour, d’heure en heure", indique de son côté Maxime Delvenne, directeur du centre commercial MediaCité à Liège. "On a annoncé qu’on serait ouvert ce dimanche, justement pour essayer d’étaler vraiment ce flux et ne pas qu’il y ait une trop grosse affluence. Si c’est le cas, malheureusement nous serons obligés de bloquer les entrées", ajoute-t-il.

Dans les magasins de jouets Maxi Toys, dans les galeries de la Toison d’Or, à Ixelles, on se réjouit aussi de cette réouverture. Le personnel s’attend à un mois particulièrement intense, mais s’en réjouit. "Pour nous c’est toujours une période très chargée, nous sommes habitués. Mais là on va devoir condenser toute notre activité sur un mois, quand d’habitude on a trois mois pour le faire. Mais on espère écouler notre stock avant le mois de janvier."

Le personnel dans les starting-blocks appelle les clients à respecter les règles

Sur la chaussée d’Ixelles, à Bruxelles, dès les premières heures les clients étaient au rendez-vous, en nombre, malgré la pluie et le temps assez froid.

Avant même la levée des rideaux des magasins, beaucoup faisaient la file à l’entrée des grandes enseignes. Et du côté du personnel, si pour certains la journée a déjà commencé dès les premières heures, pour d’autres il s’agit de mettre en ordre la population, de gérer le flux dans la rue avant la levée du rideau métallique.

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Les files se forment à l’ouverture des magasins. © J.B.

Pas facile de faire respecter le 1,5 mètre de distance quand les files commencent à s’allonger de plus en plus.

Devant le magasin Action, par exemple, qui a pu rester ouvert pour la vente de produits essentiels pendant ce deuxième confinement, mais qui aujourd’hui rouvre l’ensemble de ces rayons, c’est une file de plusieurs mètres qui se forme ce mardi matin. "Avant notre ouverture à 9 heures déjà, il y avait déjà énormément de gens", nous explique l’une d’entre eux. "Aujourd’hui les gens viennent acheter les produits pour noël et la décoration, c’est là que nous avons le plus de monde".

A l’extérieur, plusieurs membres du personnel sont chargés de faire respecter les règles sanitaires et surtout les distances. "Nous avons ajouté du personnel supplémentaire. Normalement une seule personne est chargée de faire respecter la file à l’extérieur. Aujourd’hui nous sommes trois", indique Charifa à l’extérieur du magasin.

Mais la crainte pour les commerçants c’est de se voir obliger de fermer par les forces de l’ordre, si les règles sanitaires ne sont pas respectées. Une responsabilité et un stress supplémentaire pour eux. "Nous sommes habitués à porte de Namur (rue commerçante, à Ixelles, ndlr) à voir beaucoup de monde. C’est juste que c’est stressant parce que si la police vient et constate que les règles ne seraient pas respectées, ça retombera sur nous et pas sur les clients. Les clients ne s’en rendent pas forcément compte", explique Charifa.


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"Nous, on ne peut faire entrer que 55 personnes dans les magasins. On rappelle bien aux clients qu’ils ne peuvent rester que 30 minutes avec des messages dans les haut-parleurs", ajoute la jeune fille. "Pour l’instant, les gens sont assez compréhensifs".

Mais ça n’empêche pas le personnel d’avoir certaines craintes. "Pour nous, cela restera une journée normale mais c’est dommage parce qu’en temps de Covid, on se dit que les gens vont peut-être diminuer leur fréquentation, moins venir dans les magasins mais les gens viennent comme si on était en temps normal. Il faut régulièrement dire aux gens de porter le masque et de se désinfecter les mains", explique un agent de sécurité d’une enseigne d’un grand magasin.

Si les règles sont pour l’heure bien respectées – port du masque, distances, gel hydroalcoolique à l’entrée des magasins - le personnel des magasins s’attend à devoir faire un service de rappel à l’ordre dans le courant de la journée.

Les clients n’ont pas manqué le rendez-vous

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Les clients bravent la pluie et l’attente devant les magasins, un mois après leur fermeture. © J.B.

Devant le magasin Primark par exemple, dès l’ouverture les clients étaient au rendez-vous. "Une file de 150 mètres", précise un membre du personnel. "En 30 minutes d’ouverture, il y avait 378 personnes dans le magasin", nous indique-t-on. Le magasin a une capacité d’accueil de 550 personnes.

Et ce n’est ni la pluie, ni le froid, ni l’attente qui a arrêté les clients, trop heureux de voir à nouveau les magasins ouverts. "Je suis contente que les magasins rouvrent enfin. J’ai préféré venir ce matin pour éviter l’affluence qu’il risque d’y avoir cet après-midi. J’ai essayé de commander en ligne mais c’est parfois très long", explique Karima, une maman venue acheter des vêtements pour ses enfants.

"Saint-Nicolas c’est bientôt, je travaille et c’est le seul moment où je peux venir. Et puis, la réouverture ça amène un peu de vie. Il n’y avait plus de vie. On passait, on voyait les magasins fermés", explique Marie-Claire, dans le magasin de jouets Maxi Toys, dans la galerie de la Toison d’or.

Avant de pouvoir faire leurs emplettes, les clients portaient bien le masque et respectaient les distances. "Ça fait longtemps que j’attends. J’ai l’impression que les règles vont être à moitié respectées par les gens mais ça m’avait manqué de pouvoir faire du shopping en vrai et pas seulement sur un site internet", explique Maria.

Pour la plupart, la crainte du coronavirus est somme toute relative, même s’il persiste le doute quant à l’accommodement du voisin aux règles sanitaires. "Non je n’ai pas trop peur. Je mets mon masque, j’essaye de garder mes distances et je ne reste pas trop longtemps dans les magasins", ajoute Maria.

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Les clients patientent avant l’ouverture des magasins, les commerces non-essentiels rouvrent ce mardi. © J.B.

Les risques d’une trop forte affluence

La Ville de Bruxelles a décidé mardi midi de fermer l’accès à la rue Neuve via la place de la Monnaie, en raison de l’affluence observée en ce premier jour de réouverture des magasins non essentiels. Le public est réorienté vers les autres accès, soit la place Rogier et les rues adjacentes, a indiqué mardi le cabinet du bourgmestre Philippe Close.

Il s’agit d’une fermeture temporaire pour permettre aux autorités sur place de mieux gérer le flux de personnes venues en nombre.

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