Plastiques à usage unique: le Parlement européen va plus loin que la Commission

 les plastiques à usage unique en question représentent 70% des déchets marins retrouvés sur les plages européennes.
les plastiques à usage unique en question représentent 70% des déchets marins retrouvés sur les plages européennes. - © ATTILA KISBENEDEK - AFP

Le Parlement européen a approuvé ce mercredi à une très large majorité la position de pointe qu'il défendra face aux États membres lors de leur négociation sur la proposition de la Commission visant à interdire ou réduire les plastiques à usage unique.

Le parlement a approuvé le rapport de l'eurodéputée belge Frédérique Ries (ADLE, MR) par 571 voix contre 53.

Il confirme ainsi la volonté de la Commission d'interdire en 2021 une dizaine de produits jetables en plastique, comme les cotons-tiges, assiettes, couverts, pailles, bâtonnets pour ballons, touillettes, etc., pour lesquels existe déjà une solution de rechange.

Le Parlement y ajoute les sacs plastiques ultra-légers (moins de 15 microns d'épaisseur), les emballages et paillages en plastique oxodégradable (qui se fragmentent fortement sans toutefois être entièrement biodégradés), ainsi que les contenants alimentaires et pour boissons en polystyrène expansé ("frigolite").

Avec les engins de pêche également visés, les plastiques à usage unique en question représentent 70% des déchets marins retrouvés sur les plages européennes.

Les filtres de cigarette également concernés

"C'est essentiel pour protéger le milieu marin et réduire la facture des dégâts environnementaux de la pollution aux plastiques en Europe, estimés à 22 milliards d'euros jusqu'en 2030", a commenté Mme Ries.

La Commission avait aussi prévu d'imposer aux États membres une réduction de la consommation des emballages alimentaires et des gobelets pour 2025, mais elle n'avait pas chiffré cet effort. Les députés européens le font, avec un objectif de -25% et l'étend aux couvercles des gobelets.

Les filtres de cigarette, dont beaucoup contiennent du plastique, sont également concernés par les demandes des élus, avec un objectif spécifique de réduction de 50% pour 2025 et de 80% pour 2030.

En outre, le Parlement renforce la responsabilité élargie des producteurs, en affirmant le principe du pollueur-payeur qui transfère le financement de la collecte et de l'élimination des déchets des contribuables aux producteurs.

L'industrie du tabac devrait ainsi participer financièrement à la collecte et au traitement des mégots, qui occupent la deuxième place des déchets de ce type les plus retrouvés sur les plages.

Maintenant qu'il dispose d'une position claire, le Parlement européen entamera dès novembre des négociations avec les États membres (le Conseil) pour dégager une position commune, espérée avant la fin de la législature (mai 2019). Une fois la position commune approuvée, les États membres disposeront de deux ans pour transposer la directive dans leur législation nationale.

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