"Plastic Odyssey": un bateau pour récupérer et réutiliser le plastique en mer

Simon Bernard, ingénieur diplômé de l’École de la Marine marchande,  s’est lancé dans un projet un peu fou: créer un bateau qui sillonnera les mers pour récupérer le plastique, et aussi le réutiliser.
Simon Bernard, ingénieur diplômé de l’École de la Marine marchande, s’est lancé dans un projet un peu fou: créer un bateau qui sillonnera les mers pour récupérer le plastique, et aussi le réutiliser. - © Tous droits réservés

Notre Terre est recouverte de 70% d’eau, une masse liquide qui est notre alliée puisqu’elle absorbe une bonne partie de nos émissions de gaz à effet de serre et régule notre climat. Mais cette masse se réchauffe et suffoque sous les plastiques.

Cette année dans le monde, la production de plastique dépassera les 300 millions de tonnes, dont la moitié sera utilisée une seule fois avant d’être jetée. D’ici 2050, quand la population aura explosé avec 10 milliards d’habitants, la production aura triplé. Le problème, c’est qu’actuellement seule une petite part du plastique produit est recyclée. Le reste finit dans notre environnement et recouvre nos terres et nos océans, comme une maladie.

Le plastique est une invention géniale parce qu’il dure. Et c’est dans le même temps une invention terrible parce que …le plastique dure. De déchet, le plastique pourrait pourtant devenir une matière première. C’est le message que porte Simon Bernard, ingénieur diplômé de l’École de la Marine marchande en France. Il s’est lancé dans ce projet un peu fou avec trois de ses camarades: créer un bateau qui va sillonner les mers pour récupérer le plastique, mais surtout le réutiliser.

" L’objectif de ce bateau n’est pas d’aller nettoyer l’océan. Il y a énormément de plastique dans l’océan, mais malheureusement il flotte très peu. Rapidement, ce plastique se dégrade en petites particules. L’enjeu n’est pas tant d’aller le ramasser dans l’eau que d’essayer de stopper cette pollution à la source. "

Un bateau ambassadeur pour les pays du Sud

Pour stopper à la source la pollution, il faudrait commencer par ne plus utiliser de plastique. Ou du moins en réduire la consommation. "C’est le gros enjeu, il faut vraiment repenser l’emballage et réduire le plastique. Mais que fait-on de tout ce qui continue à être produit? Ce bateau se veut un ambassadeur de solutions de recyclage pour les pays du Sud, qui pourront être répliquées et stopper cette pollution à terre."

Un kg de plastique fait un litre de carburant

Et parmi le matériel embarqué figure une machine capable de transformer le plastique en carburant, explique Simon Bernard : "Le défi est de faire avancer notre bateau uniquement avec des déchets plastiques recyclés. Mais c’est un peu la dernière étape. Avant, on va essayer de les recycler pour en faire de la matière première, refaire du plastique, et quand on ne peut plus le faire, on en fait du carburant. Ca permet de montrer que ces ont déchets ont trop de ressources pour être laissés dans l’océan. "

Un kilo de plastique peut produire un litre de carburant pour ce bateau. Un bateau qui est toujours en phase de construction et qui devrait être à quai en 2020.Un prototype pilote de 6 mètres a déjà fait ses preuves assure Simon Bernard qui précise que le plus difficile n’est pas de faire du carburant à partir du plastique mais à en faire un système financièrement abordable et, surtout, sans brevet, " pour que la technologie puisse être répliquée, partagée, améliorée. C’est ça l’enjeu réel du projet. "

Pas de greenwashing

Parmi les obstacles figure le tri du plastique. Qui utilise une machine par pyrolyse. La volonté des chercheurs est de créer une sorte d’usine tout-en-un.

Mais le bateau a aussi pour objectif de porter un plaidoyer pour réduire la production de plastique. Et enfin, les initiateurs du projet veulent  éviter le piège du greenwashing. "Nous n’allons pas nous associer avec des lobbies du plastique ou de la pétrochimie, mais au contraire avec des entreprises qui ont les mêmes valeurs que nous ".

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK