Plastic Odyssey : des déchets plastiques comme carburant

Deux des fondateurs à Marseille à bord de l'"Ulysse", un prototype réduit de bateau propulsé par le plastique
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Deux des fondateurs à Marseille à bord de l'"Ulysse", un prototype réduit de bateau propulsé par le plastique - © Plastic Odyssey

18 tonnes, soit 3 éléphants, c'est la quantité de plastique rejetée chaque minute dans les océans. Une fois que ces déchets sont dans l'eau, c'est quasiment impossible de les récupérer. Seulement un pour cent de ce plastique flotte à la surface et peut être repêché. Les 99 autres constituent une menace grave pour la vie marine.

C'est donc pour lutter contre cette pollution que le projet "Plastic Odyssey" est né. Quatre jeunes Français - officiers de la marine marchande, entrepreneur et ingénieur - ont décidé de faire le tour du monde avec le premier navire qui avance grâce aux déchets plastiques. Et ce bateau a un nom, "Ulysse", en référence au personnage principal de l'épopée antique grecque "L’Odyssée" d'Homère. C'est un prototype de 6 mètres de long avec lequel les 4 fondateurs de "Plastic Odyssey" font le tour des côtes de la France jusqu'en décembre. Alexandre Dechelotte, responsable communication, explique le cœur du projet. "C'est un projet ambassadeur. C'est un bateau, mais aussi et avant tout, un projet autour qui est là pour sensibiliser, faire naître de nouvelles façons de penser, de nouvelles économies autour du recyclage et de la revalorisation du plastique. Il y a une technologie qui s'appelle la pyrolyse, qui permet de transformer jusqu'à un kilo de plastique en un litre de carburant. C'est assez fantastique et surtout, ça montre que le plastique a une valeur."

Tout ce plastique, on sait en faire plein de choses !

Mais comment leur est venue cette idée ? Simon Bernard, responsable de l'expédition, se rappelle d'une escale à Dakar, la capitale du Sénégal. "Il y avait du plastique partout. Et à côté de ça, quelqu'un est venu me voir pour me demander s'il pouvait faire des petits boulots. Et je me suis dit : tout ce plastique, on sait en faire plein de choses ! C'est une ressource, on pourrait faire vivre des gens grâce à ça. C'est à ce moment-là que m'est venue cette idée de rendre accessible (les technologies existantes) avec une démarche de "low-tech", donc des systèmes qui sont simples à construire et à réparer." 

En mars 2020, la deuxième phase du projet sera lancée : faire le tour de 3 continents - l'Asie, l'Amérique du Sud et l'Afrique - en 3 ans, à bord d'un bateau de 25 mètres, toujours propulsé par des déchets plastiques. Le catamaran servira d'atelier pour construire des machines low-tech et open-source. Un banc de tri, une machine de recyclage du plastique et une unité de pyrolyse seront exposés et utilisés avec les visiteurs locaux.

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