Place des femmes dans les carnavals: "Notre folklore est plutôt traditionnel"

Ce week-end sera placé sous le signe des carnavals avec le départ des festivités dans quelques communes belges. Les Haguettes, à Malmedy et les Gilles à Binche seront, en effet, de sortie. Tous deux sont parmi les plus anciens carnavals de notre pays et encore respecter un certain côté traditionnel dans les costumes et le folklore. Pour Clémence Mathieu, la directrice du Musée international du carnaval et du masque, il faut remonter aux racines de l'humanité pour trouver les origines de l'humanité. Et d'après elle, les carnavals ont un sens très profond. Ils doivent, en effet, être vus comme des rituels masqués ayant pour but de chasser l'hiver et les démons. Il y a quelque chose de vraiment très profond dans ces rites carnavalesques." La tradition ancestrale du carnaval a du sens, mais le carnaval revêt encore davantage de sens dans notre société mondialisée. "On constate, en effet, depuis 30 ans, un regain d'intérêt pour les carnavals et les traditions masquées. Il y a un besoin de retrouver une identité plus locale par rapport à une société globalisée." Ce qui explique une augmentation du nombre de carnavals en Belgique alors que c'est plutôt une tradition ancienne. Citons, par exemple, celui d'Amay, qui est un carnaval récent. 

Cette année, il y a eu pas mal de regrets de sexisme dans notre folklore. Hier, une femme de Gilles se plaignait "d'être le boy de son mari", une dame regrettait aussi de ne pas pouvoir devenir tambour majeur dans la marche de Saint-Feuillen car ce n'était pas ouvert aux femmes. La directrice du Musée n'y voit, elle, rien de sexiste. "Je dirais que notre folklore est plutôt traditionnel. A l'origine, les masques étaient portés par les hommes, car le masque servait à incarner un esprit surnaturel. Et donc, revêtir un masque pouvait être dangereux. Il s'agissait donc de protéger les femmes et leur laisser la possibilité de donner naissance. Maintenant, je pense que le problème est que nous sommes aussi dans une société où nous pouvons prendre tout à l'extrême.  Or, il faut remettre les choses à leur place: nous sommes dans quelque chose de traditionnel. "

 

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