Piquet de grève au dépôt Mestdagh de Gosselies : réunion "de la dernière chance" entre syndicats et direction à 15h

Le dépôt Mestdagh de Gosselies (Charleroi) est bloqué depuis cette nuit minuit. Les syndicats socialistes (SETCa-FGTB) et chrétien (CNE-CSC) ont installé un piquet devant le dépôt et bloquent le départ des camions vers les magasins appartenant au groupe Mestdagh. Il s'agit de la plupart des Carrefour Market de Wallonie, ceux estampillés "Carrefour Maket by Mestdagh". Ces magasins ne sont pour l’instant pas en grève mais ne sont pas approvisionnés.

Ce blocage a pour but de mettre la pression sur la direction avant une réunion importante qui a lieu à 15h aujourd’hui entre syndicats et direction.

Un échec de cette réunion pourrait entraîner un mouvement de grève dans les magasins dès mardi, car un préavis de grève déposé par les syndicats arrive à son terme aujourd’hui.

Ce regain de tension s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de restructuration lancé il y a un an. Ce plan prévoyant le départ de 340 collaborateurs arrive à son terme, mais la nouvelle organisation pose problème dans l’organisation des magasins, selon les syndicats. Ceux-ci dénoncent une extrême polyvalence ainsi que les recours à l’intérim.

Myriam Delmée, vice-présidente du SETCa (FGTB) : "C’est la réunion de la dernière chance"

"On dénonce la désorganisation dans les magasins, appuie Myriam Delmée, vice-présidente du SETCa. Le plan de restructuration signé il y a un an devant aller vers plus de flexibilité, plus de polyvalence, mais on voit que tout cela se met en place de manière très anarchique dans les magasins. Cela crée un surcroît de travail, une pression au travail qui est insoutenable pour les travailleurs encore présents dans l’entreprise."

Dans ce plan de restructuration, 340 travailleurs ont quitté l’entreprise. Les autres assurent le travail dans la cinquantaine de magasins encore gérés par le groupe Mestdagh. "C’est dans ces magasins, d’où les travailleurs sont partis, que le manque de bras se fait sentir. On ne peut pas continuer à fonctionner de la même manière avec 10 à 15 personnes en moins dans les magasins", fait remarquer la permanente Setca qui sera à la table des négociations cet après-midi. "C’est la réunion de la dernière chance. Soit la direction vient avec des réelles solutions et avec un plan pour les mettre en place, y compris en matière de formation, en matière de réduction de l’intérim, de pointage des prestations, soit nous irons au clash. Le préavis de grève expire aujourd’hui et nous serons dans les magasins pour faire entendre notre voix, dès demain pourquoi pas."

"Les gens sont fatigués, ils changent de tâche d’heure en heure"

"L’atmosphère est tendue car les gens sont à bout, sont fatigués, témoigne Rosania Valeria, manager caisse au Carrefour Market de Lambusart. On leur fait changer leur façon de travailler régulièrement. Les horaires posent problème. Une caissière doit changer régulièrement de tâche, d’une heure à l’autre, une autre tâche est confiée. Les gens sont perdus, ils ne savent plus où ils doivent aller."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK