Pic de pollution: "Si ça devait persister, on irait vers des mesures drastiques"

Ce lundi, Bruxelles a connu un pic de pollution aux particules fines, avec une qualité de l’air jugée « très mauvaise » par le baromètre de Bruxelles-Environnement. Pourtant, selon la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (cdH), la situation n’est pas si inquiétante. « La qualité de l’air s’est améliorée par rapport aux années précédentes », notait-elle ce vendredi au micro de Matin Première. Une amélioration que la ministre explique par la mise en place de la zone de basse émission permanente en janvier 2018, qui permet d’éliminer progressivement de la circulation bruxelloise les voitures les plus polluantes.

Mais alors pourquoi les Bruxellois ont-ils vécu un pic ce lundi ? Selon Céline Fremault, il y a deux causes essentielles : le trafic, bien sûr, mais aussi l’épandage agricole. « C’est une cause qui doit être travaillée, rappelle la ministre. J’ai demandé notamment à mon administration de pouvoir se pencher sur la nécessité - ou pas – d’un protocole d’accord avec la Flandre en cas d’épandage pour éliminer toute une série d’actions quand on a une qualité de l’air qui pourrait être dégradée. »

Dès lundi matin, l’information s’est diffusée partout

Le sujet de la pollution en ville n’est pas à prendre à la légère : en Belgique, elle est responsable de plus de 10.000 morts prématurés par an, selon l’Agence européenne pour l’environnement. Alors pourquoi ne pas directement imposer des mesures drastiques, comme l’arrêt de la circulation, même partiellement, comme dans d’autres métropoles ? « Nous sommes dans une phase d’information, de sensibilisation, précise Céline Fremault. Quand il y a une persistance du seuil d’information et de sensibilisation, alors les mesures vont progressivement être égrenées à Bruxelles : limitation de vitesse, accès gratuit aux transports en commun… » Le pic n’ayant pas duré plus de 48h, ce seuil n’a pas été franchi, estime la ministre, qui rappelle que des mesures drastiques ont bien été prises et même « fort augmentées » dans le nouvel arrêté sur le pic de pollution en 2014.

Le problème majeur reste l’information du public, qui n’est pas toujours au courant de l’arrivée d’un pic de pollution. Pourtant, Céline Fremault estime que l’information est arrivée bien assez tôt : « dès lundi matin, l’information s’est diffusée partout : sur le plan média et à travers tous les opérateurs : Irceline, Bruxelles Environnement », affirme la ministre. Elle rappelle que « rien n’existait préalablement » à ce sujet, et que le gouvernement actuel a notamment statué sur l’interdiction du diesel à partir de 2030.

Je n’ai pas de problème avec les navetteurs, j’ai un problème avec les voitures polluantes

Pour l’Europe en revanche, ce n’est pas assez : la Commission européenne épingle régulièrement la Belgique, qu’elle place en queue de peloton sur le sujet des particules fines. Est-ce qu’il ne faudrait pas accélérer alors ? « Si on veut faire les choses, il faut les faire correctement », réplique Céline Fremault. Elle estime que l’application progressive de la zone de basse émission permettrait d’atteindre une qualité de l’air restaurée selon les critères européens dès 2020. Passer par des paliers progressifs permet également de ne pas « prendre le citoyen en otage » et le prévenir que les véhicules les plus polluants vont être éliminés, estime la ministre.

Les évaluations du ministère permettent d’ailleurs de savoir d’où viennent les véhicules pollueurs. « A plus de 60%, les Bruxellois n’ont plus de voiture, les véhicules les plus polluants viennent donc de l’extérieur », affirme Céline Fremault. Une manière de pointer les navetteurs, qui viennent travailler à Bruxelles sans y résider ? « Je n’ai pas de problème avec les navetteurs, j’ai un problème avec les voitures polluantes », tempère la ministre, qui estime que des mesures comme une taxe kilométrique ou un péage urbain avec un crédit d’impôt pourraient être envisagées. Pour Céline Fremault, il faudrait « encourager une mobilité différenciée, mais toujours à échelle métropolitaine ». Cela passerait par exemple, par un désengorgement des transports en commun, ou la reprise du projet de RER.

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