Phoques décapités sur la côte belge : la pêche professionnelle responsable, selon une étude

Un nombre étonnement élevé de phoques se sont échoués ces dernières semaines sur la côte belge. Jusqu’à présent en 2021, on parle de 22 phoques morts qui présentaient, en tout cas pour la moitié d’entre eux, des blessures au cou et à la tête. On parle même de décapitation. Il semblerait, d’après une analyse réalisée par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et de la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Liège, que ces phoques soient des prises accidentelles involontaires de la pêche professionnelle.

Ces phoques, qui pour la plupart sont de très jeunes pinnipèdes gris nés l’hiver, se sont échoués au large d’Ostende et de La Panne. En collaboration avec un vétérinaire et un médecin légiste, certains des animaux présentant des blessures typiques ont été examinés. Le constat est frappant : les blessures subies par les phoques morts sont dues à un facteur humain.

En effet, les blessures de ces animaux étaient presque toutes identiques :

  • La tête n’a généralement pas disparu mais elle est par contre gravement endommagée.
  • La peau est arrachée de manière circulaire de la tête vers le bas.
  • Les blessures sont post-mortem.
  • La blessure est plutôt une déchirure en couches ce qui exclut une incision par un couteau tranchant.
  • Les blessures ont été causées par une action mécanique.

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Le nombre soudain et important d’animaux morts peut s’expliquer par le nombre élevé de jeunes phoques gris actuellement présents sur notre côte, suite à la forte croissance de la population dans le sud-est de l’Angleterre.

La pêche professionnelle à l’origine des blessures

Les phoques sont de plus en plus souvent capturés accidentellement lors des activités de pêche, qu’elles soient récréatives ou professionnelles. Il en va de soi, qu’après ces analyses, la pêche professionnelle au moyen de filets maillants et de filets emmêlants serait à l’origine des blessures caractéristiques d’au moins 11 phoques rejetés sur la plage en 2021.

La pêche au filet maillant et au filet emmêlant déploie souvent des filets de plusieurs kilomètres de long. Les filets sont laissés en place jusqu’à 24 heures. Dans la partie sud de la mer du Nord, ce type de pêche est particulièrement intensif pendant la période de migration de la sole, de février à mai. Le même phénomène de nombre élevé de jeunes phoques gris échoués peut être observé dans le nord de la France.

Toujours selon l'étude, les captures accidentelles de mammifères marins doivent être considérées comme l’un des effets négatifs de la pêche sur l’écosystème. Les phoques étant populaires, ces mortalités suscitent souvent un tollé général. Il faut également garder à l’esprit que toute forme de pêche a un impact sur l’écosystème, et que la pêche au filet maillant et au filet emmêlant, qui est dangereux pour les mammifères marins, présente des avantages environnementaux par rapport au chalutage à perche en termes d’émissions de CO2, de sélectivité et de perturbation du fond.

 

 

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