Philippe Close sur le rassemblement au Bois de la Cambre: "Continuez à aller dans les parcs, mais soyez responsables !"

Les événements de ce jeudi 1er avril au Bois de la Cambre, qui ont fait suite à une invitation-poisson d’avril à une "boum" et qui ont dégénéré en émeute, ne feront pas changer d’avis le bourgmestre de Bruxelles, le socialiste Philippe Close. Invité de Thomas Gadisseux dans Matin Première, il le répète : "Je ne fermerai pas les parcs".

"Les parcs, comme dit Willy Demeyer (bourgmestre de Liège) ce sont les jardins de ceux qui n’en ont pas. Pendant cette pandémie, c’est extrêmement important que les gens puissent prendre l’air, ils en ont marre".

Mais le bourgmestre veut pouvoir faire la distinction entre "les familles qui étaient présentes jeudi au Bois de la Cambre et des personnes qui étaient de bonne foi, je ne le conteste pas, et puis d’autres, fauteurs de troubles".

Ceux qui sont restés là savaient ce qu’ils encouraient

Et Philippe Close le souligne : "Des préavis ont eu lieu, longtemps. Quand on a vu qu’il y avait 1500-2000 personnes dans le bois, on a dit maintenant il faut se disperser, ça suffit. Ceux qui sont restés là savaient ce qu’ils encouraient.

"Je ne tolèrerai jamais que l'on caillasse la police, que l'on lui jette des bouteilles dessus. Ici, ce n'est pas de la fête quand on va attaquer des concessions, quand on met le feu à du mobilier urbain". Et le bourgmestre  est déterminé à faire payer la note aux organisateurs : "qu'ils sachent qu'ils sont recherchés". 

Et le bourgmestre de rappeler que s’il a "toujours promu la fête", il gardera cependant la même attitude : "Méthode, sang-froid et détermination. Aujourd’hui, il faut de l’empathie par rapport aux gens qui en ont marre, et je les comprends, mais je dis aussi en tant que bourgmestre de la Ville de Bruxelles, qui compte de grands hôpitaux, je vois ce qui s’y passe.

Je connais les chiffres sanitaires, on ne les invente pas, on n’est pas dans une théorie du complot. Il y a souvent des manifestations, nous les autorisons, mais ici cela a dépassé le cadre de ce qu’on pouvait accepter".

Pas de régime d'exception non cadré par le Parlement

Revenant sur la condamnation de l’Etat belge concernant les mesures aniti covid, Philippe Close souligne aussi "en tant que juriste" qu’il comprend le tribunal. "Ça fait des mois que je dis qu’il faut une loi ! On ne peut pas demander des régimes d’exception dans une société démocratique, sans cadrer par le Parlement. Il faut une loi pandémie, elle est là, elle va être examinée en commission, ça va être une course contre la montre, mais voilà".

La force d’une démocratie, c’est que les gens puissent contester les mesures de l’exécutif

Et de souligner que la notion de couvre-feu "que je défends à Bruxelles, y compris dans son prolongement ; on peut l’imaginer dans l’urgence, mais maintenant il faut une loi pour dire dans quelles conditions on le prend. La force d’une démocratie, c’est que les gens puissent contester les mesures de l’exécutif, c’est important. Je sais qu’en disant cela, c’est moins simple pour moi, parfois, mais c’est ma volonté de défendre un Etat de droit".

Trouver un équilibre, dans une situation qui n''est "pas blanche ou noire", Philippe Close le rappelle "c’est la tâche de tous les bourgmestres". Et il insiste sur le dialogue, notamment dans les cités de logements sociaux, où des jeunes peuvent facilement se rassembler en passant outre la règle de 4 dans les agora space ou les espace publics : discussions avec animateurs, services de prévention.

Ce qui me fait peur, ce sont les gens qui ne viennent plus à l’hôpital pour d’autres pathologies

Mais Philippe Close souligne également avec force la gravité de la situation sanitaire : 4 grands hôpitaux sur le territoire de la Ville. Qui passent actuellement en phase de déploiement de 60% de lits de soins intensifs, "mais aussi, ce qui me fait peur, ce sont les gens qui ne viennent plus à l’hôpital pour d’autres pathologies. A Bordet, c’est 30% de consultations en moins. Je suis inquiet".

Inquiet également pour sa ville frappée par la crise : "35.000 personnes travaillant dans l’Horeca, vous savez combien le tourisme y est important, que ce soit le tourisme d’affaires ou celui de loisirs. C’est un vrai séisme, mais je suis convaincu qu’on va se redresser. Le vaccin, c’est la libération à nos portes".

Projets pilote lancés

Sport, culture, des événements pilotes devraient pouvoir avoir lieu avec des normes. Mais Philippe Close s’interroge : "Avec les infectiologues, on se demande si au final toutes ces normes feront que les tests soient vraiment relevants. Est-ce la vraie vie ? Cela dit, on équipe les lieux, vous savez que la filtration de l’air est extrêmement importante. On a lancé une série de projets pilote avec Nathan Clumeck à la Ville de Bruxelles pour travailler sur l’aération avec toute une série de protocoles. Mais au-delà de ces tests, on veut venir à une vie normale. On travaille en tout cas à des projets pour cet été avec de jauges variables.

Le stade national, dont on reparle rénovation, et non reconstruction, a fait l’objet récemment d’une rencontre entre les différentes parties concernées. "On a fait un premier tour de table. Cela dit, on est dans une crise financière sans précédent, et il faudra plusieurs centaines de millions d’euros pour le rénover. Alors aujourd’hui, je vous avoue qu’objectivement, ce n’est pas la priorité".

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