Peu de temps libre, coût des crèches, ... pas facile d'être parents

Boulot, enfants, dodo...
Boulot, enfants, dodo... - © Belga

Une enquête du Ligueur sur les préoccupations des parents montre que peu d'entre eux estiment avoir assez de temps pour leur conjoint ou leur vie sociale. En réalité, seul un sur deux est satisfait. Et ils sont encore moins nombreux à pouvoir se libérer pour se consacrer à leurs loisirs. C'est boulot, enfants, dodo...

Daphné Van Ossel a suivi Rachida Elakel, au sortir du travail, en tout cas, de son premier travail. 16h10, cette mère de trois enfants file chercher la plus jeune à la crèche avant de courir chercher les deux autres à l'école avant de revenir "vite" à la maison. "Depuis que la troisième est née, je n'ai plus le temps pour moi", confie-t-elle. "Je n'ai pas de loisirs, je n'ai plus le temps. Se détendre est un luxe".
 
Et dans cette course folle, arrêtons-nous un instant pour essayer de comprendre. Pourquoi cette impression que ce manque de temps s'intensifie à notre époque ? Evidemment, aujourd'hui, les mères travaillent, mais au-delà de ça ? "Il y a ne serait-ce qu'un siècle, imaginer avoir du temps pour soi c'était une idée qui pouvait paraître saugrenue", explique Jacques Marquet, sociologue à l'UCL. "Pour le couple, on a quelque chose du même ordre. Autrefois, on était marié, on était en couple. Aujourd'hui, on se rend compte qu'on doit investir si on veut qu'un couple tienne. Donc il faut aussi du temps pour le couple".  
 
Idem pour les enfants. Aujourd'hui, les parents s'investissent beaucoup plus dans leur scolarité. "C'est vrai que je dis à mon mari qu'il faut que je prenne rendez-vous avec lui par téléphone pour pouvoir discuter".
 
Le coût de la crèche, souci principal des parents
 
L'étude vient une nouvelle fois confirmer que le coût de la crèche est l'un des principaux soucis des jeunes parents. Un parent sur trois considère que la crèche de leur enfant est trop chère. Et plus d'un parent ou futur parent sur deux déclare avoir hésité à faire un enfant à cause de ce poids financier.
 
Beaucoup de parents consacrent un sacré budget à la garde de leurs enfants. "Je trouve ça cher, au-dessus 550 euros par mois en crèche privée... et encore, ce n'était pas la plus chère", confie ce papa. Pourquoi ne pas aller dans une crèche non-privée, moins chère ? "Parce qu'il n'y avait pas de place, tout simplement".
 
Dans les crèches subventionnées, les tarifs sont adaptés aux revenus des parents : ils reviennent à 11% des revenus nets du ménage. Pour avoir la chance d'obtenir une telle place, il faut s'inscrire à plusieurs endroits et espérer avoir une place à la dernière minute. Le coût: 350 euros. "L'avantage, c'est que quand l'enfant est absent, on ne paye pas ce jour-là", explique cette maman. 
 
Mais même dans le subventionné, certains parents ont du mal à payer. Eddy Gilson, responsable des milieux d'accueil à l'office de la naissance et de l'enfance confie qu'ils ont "quelques échos de terrain où les parents ont plus de difficultés et demandent plus spontanément l'intervention du milieu d'accueil pour bénéficier d'un tarif plus réduit". 
 
Avec deux enfants en âge d'aller à la crèche, Vanessa Roman a décidé d'arrêter temporairement de travailler: "On n'a pas les moyens de payer deux crèches. C'est quasi le prix d'un salaire. On a donc décidé de les garder à la maison jusqu'à ce qu'ils rentrent en maternelle".
 
Une enquête de 2011 avait déjà montré que 15% des parents avaient renoncé à une solution d'accueil pour des raisons financières.
 
Des aides devenues indispensables
 
L'enquête du Ligueur et de l'institut Dedicated montre que les aides sont essentielles pour plus de 15% des parents. Un chiffre en augmentation depuis la dernière étude du Ligueur en 2010. Un chiffre qui grimpe à 30% pour certaines catégories de la population. 
 
Avec trois enfants, Pierre et sa femme reçoivent environ 500 euros d'allocation familiale. "Ça aide à s'en sortir et si on ne les avait pas, on devrait renoncer à beaucoup de choses, parce que c'est quand même cher avec la crèche et tous les frais qu'il y a pour les enfants: il y a des frais de garderie, des frais scolaires en plus", décompte-t-il. 
 
Laurence Dupuis, elle, n'a qu'un fils, elle reçoit donc moins d'argent. Pour le premier enfant, l'allocation est de 90 euros. C'est toujours ça de gagner. "Malgré le fait qu'on travaille tous les deux à temps plein, c'est très difficile de boucler les fins de mois. Donc tout ce qu'on peut recevoir, on en a besoin", affirme-t-elle. 
 
Les allocations sont surtout importantes pour les femmes et encore plus pour les familles monoparentales et les chômeurs: dans ces deux catégories, elles sont essentielles pour une personne sur trois.
 
Pour Delphine Chabbert, de la ligue des familles, l'enquête montre, c'est que "c'est une politique de lutte contre la pauvreté infantile si vous enlevez les allocations familiales, c'est 11% des enfants supplémentaires qui tombent dans la pauvreté".
 
La ligue plaide pour une allocation familiale universelle, identique pour tous les enfants, qu'ils soient aîné ou cadet de la famille. Avec un supplément adapté aux revenus et non plus au statut des parents. 
 
Avec Daphné Van Ossel

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