Peste porcine: sapins de Noël, arbres malades, transformation de viande, le Ministre Collin entend les doléances

Peste porcine : sapins de Noël, arbres malades, transformation de viande, le Ministre Collin entend les doléances
Peste porcine : sapins de Noël, arbres malades, transformation de viande, le Ministre Collin entend les doléances - © Tous droits réservés

Toute la journée de lundi, le Ministre wallon de la Nature, de la Forêt et de la Chasse, René Collin a consulté. Il a reçu en son cabinet namurois les représentants des différents secteurs d'activité mis en difficulté par la découverte de cas de peste porcine chez des sangliers en Gaume.

Les représentants de la filière bois ont été les premiers reçus.  Actuellement, l'interdiction de circuler dans la zone infectée empêche les forestiers d'exercer leur métier, ce qui entraîne un grand manque à gagner.  Vu l'étendue des difficultés rencontrées, un groupe de travail, "Task Force", a été mis sur pied. Il s'agit de mettre en place un dispositif qui permettra aux exploitants forestiers de reprendre leurs activités au plus vite. Le groupe de travail devra notamment discuter de l'évolution du périmètre où toute activité est pour le moment interdite.  Ce périmètre s'étend sur un territoire de 63.000 hectares en Lorraine belge. Près de la moitié de ce périmètre est constitué de forêts.  Les exploitants de la filière bois souhaiteraient voir ce périmètre réduit pour pouvoir travailler mais il difficile, pour le moment, de prendre une telle décision. Impossible aussi pour le moment de savoir s'il faut clôturer une zone précise.  Pour cela, il faut attendre de savoir comment évolue la maladie qui touche la population de sangliers.  "Nous allons tout faire pour identifier le foyer de la peste au plus vite. L'objectif est de passer de 63.000 à 12.000 hectares, voire moins", a expliqué le Ministre René Collin.  "Une fois le périmètre réduit, nous ferons en sorte que les forestiers puissent à nouveau évoluer sur le reste de la zone circonscrite actuellement", poursuit le Ministre.

Inquiétude pour les sapins de Noël

Les pépiniéristes qui produisent des sapins de Noël dans la région ont aussi fait part de leurs inquiétudes.  Les sapins ne sont pas plantés dans la zone interdite mais il est nécessaire de passer par cette zone pour accéder aux exploitations a expliqué Jonathan Rigaux, représentant du secteur pépiniériste.  Une menace pèse sur l'approvisionnement en sapins de Noël pour la fin de l'année, si l'interdiction de circuler se poursuit au delà du 15 octobre.  Il est en effet nécessaire de pouvoir accéder aux sapins pour les marquer et les préparer avant commercialisation. 

L'interdiction de circuler dans la zone contaminée pose aussi problème à ceux qui ont des travaux d'abattage urgents à réaliser.  L'un des principaux défis est de pouvoir endiguer la propagation d'un fléau qui frappe les épicéas : le scolyte, insecte ravageur.  Quelques 2500 hectares de bois sont concernés, avec de forts risques de propagation.  Nous sommes dans une période cruciale pour l'abattage des arbres malades. Plus le temps passe sans intervention sur la forêt d'épicéas, plus il sera compliqué de lutter contre les scolytes. 

Les transformateurs de viande et de gibier inquiets

En fin de matinée, le Ministre Collin a reçu le secteur de la Chasse. Après-midi, c'était au tour des secteurs de la transformation de gibier et de viande porcine de faire part de leurs inquiétudes.

Les transformateurs de viande ont, pour le moment, dans leurs frigo de la viande qu'ils ne peuvent pas commercialiser.  Ceux qui travaillent spécialement le gibier s'inquiètent aussi d'une demande qui serait faite prochainement aux chasseurs d'abattre d'avantage de sangliers car cela augmenterait sensiblement les quantités de viande à commercialiser, comme l'explique un transformateur de gibier "Si on demande aux chasseurs de tirer encore plus de sangliers, on risque peut-être d'en avoir trop sur le marché, surtout qu'il y a beaucoup de viande de gibier importée.  On estime qu'il y a pratiquement 80% de gibier en Belgique qui est importé, des pays de l'Est principalement, selon Gerald Enthoven, de Starsavor.   Et ce transformateur de viande de s'étonner qu'on importe du gibier de pays comme la Pologne où les cas de peste porcine seraient, selon lui, plus nombreux que ce que la Belgique connaît actuellement. 

Les secteurs lésés devront attendre avant d'être indemnisés.

Quant aux indemnisations que les secteurs touchés par l'interdiction de travailler dans la zone contaminée, elEnregistrerles ne sont pas pour tout de suite.  Il faut d'abordprendre la mesure de l'ampleur du sinistre.  En fonction des cas, ces indemnisations viendront de diverses autorités ministérielles, fédérale et régionale. On compte pas moins de cinq départements ministériels qui seront susceptibles d'intervenir. 

Et pour avancer un peu plus dans la gestion de cette crise, on attend encore les résultats des analyses pratiquées un laboratoire bruxellois. Celui-ci doit établir le profil génétique du virus de la peste porcine qui touche la région d'Etalle. On saura s'il s'agit d'une souche d'Europe de l'Est, d'une souche africaine ou d'une souche chinoise. 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK