Peste porcine africaine : de moins en moins de cas de sangliers contaminés en Wallonie

Même s’il ne faut pas crier victoire trop vite, même si la lutte continue, les derniers relevés sur la peste porcine africaine en Wallonie sont encourageants. La situation semble se stabiliser. Depuis le 1er janvier 2020, seul un cas positif a été enregistré. Il s’agit d’ossements de sanglier retrouvés le 3 janvier par des inspecteurs et dont les analyses ont montré qu’ils étaient infectés par la peste porcine africaine. Et depuis plus rien. Ces derniers mois, les cas sont rares, il n’y en a eu que quatre positifs depuis septembre 2019.

Autres signes encourageants, les derniers sangliers infectés retrouvés étaient à l’état d’ossements, donc morts depuis plusieurs mois, et non des animaux "frais", ce qui laisse espérer qu’il y a moins de contaminations récentes.

Au total, depuis le début de l’épidémie le 13 septembre 2018, 4776 carcasses de sangliers ont été analysées dont 831 se sont révélées porteuses de la peste porcine africaine.

Ne pas relâcher la vigilance 

Si les signes sont encourageants, il ne faut pas baisser la garde trop vite. Il suffit qu'un sanglier infecté reste dans la zone pour que tous les efforts soient réduits à néant et que l'épidémie reprenne. Même une carcasse infectée peut encore transmettre la maladie pendant plusieurs mois. Pour venir au bout de la peste porcine africaine, les spécialistes estiment qu'il faut éliminer tous les sangliers de la zone infectée et des zones autour. Aujourd’hui, on estime qu'il en reste environ 150. Les efforts se sont même intensifiés ces derniers jours, car en mars commence la période des naissances. Et quand on sait qu'un femelle peut avoir jusqu’à 10 marcassins, on comprend cette mobilisation. 

Une grande campagne de prospection se tiendra jusqu'au 15 mars pour retrouver un maximum de carcasses d'animaux morts, relever aussi les 160 pièges à sangliers qui ont été posés dans la zone infectée. Les abattages se poursuivent et s'intensifient également. Équipés de lunettes infrarouges, de capteurs de chaleur, les agents du service public de Wallonie chassent ainsi les sangliers de nuit, moment où ils sont le plus actifs. Les chasseurs autorisés à tirer dans la zone ont été à nouveau sensibilisés, notamment pour qu'ils tirent en priorité les femelles et limitent ainsi la reproduction.

Des mesures au moins jusqu’au 15 mai

En attendant l’éradication totale de l'épidémie, les mesures de restriction prises dans les zones de la peste porcine africaine restent en vigueur. LES zones car en fait, il y en a trois différentes : la zone infectée et les zones d’observation et de vigilance renforcée, qui représentent ensemble 110.000 hectares de territoire.

C’est dans la zone infectée (62.000 hectares) que les mesures sont les plus strictes. La circulation dans les forêts de cette zone est strictement interdite, cela représente 50% de la zone, donc 31.000 hectares interdits à la circulation, que ce soit pour les balades du dimanche, les activités touristiques ou les camps scouts. Les forestiers ont tout de même des dérogations pour notamment traiter les épicéas contre les scolytes, pour faire des plantations, mais à chaque fois, il s’agit de dérogations individuelles et très encadrées.

L’autre mesure importante concerne les soixante éleveurs de porcs présents dans la zone infectée et dont tous les porcs ont été abattus au début de l’épidémie. Ces éleveurs ne peuvent toujours pas reprendre leur activité et relancer un élevage de porcs.

Toutes les mesures sont en vigueurs jusqu’au 15 mais 2020 au moins. Cela dit, les analyses pour l’après 15 mai ont déjà commencé. Vu les signes encourageants de ces derniers mois et l’avancement rapide de l'’abattage des sangliers, les restrictions pourraient évoluer.

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