Peste porcine: 4000 porcs abattus, mais pourquoi pas d'abord les sangliers?

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme, a décidé d'ordonner la mise à mort des porcs domestiques situés dans la zone délimitée autour des cas découverts de peste porcine sur des sangliers. 4000 porcs seront abattus à partir de samedi. La décision est justifiée par la crainte et la probabilité que la filière porcine soit touchée, avec des conséquences économiques lourdes. Cette mesure ne fait pas le bonheur des éleveurs de porcs concernés qui ont de la peine à comprendre que l'on ne cherche pas d'abord à abattre les sangliers dans les zones infectée.

L'idée semble séduisante : abattre les sangliers présents dans la zone de 63.000 hectares avant d'envisager de tuer 4000 cochons sains.  Mais pour le président du Royal Saint-Hubert Club de Belgique, Benoît Petit, chercher à éliminer tous les sangliers de la zone délimitée serait contreproductif. On dénombre environ 2500 sangliers établis dans les 63.000 hectares actuellement décrétés zone interdite. Organiser une énorme battue pour les chasser n'aurait pas de sens. Le sanglier étant un animal malin, une grande opération de chasse n'aurait pour effet que d'effrayer les sangliers qui risqueraient alors de sortir de la zone et de propager, s'ils sont infectés, le virus ailleurs.

 Les laisser mourir dans le périmètre de sécurité

Mieux vaudrait donc se baser sur l'expérience de la Tchéquie qui a aussi eu à faire face à une épidémie de peste porcine dans sa population de sanglier. Là bas, on avait laissé la zone interdite de toute circulation en état pendant une longue période. Cela avait permis de stopper la propagation du virus. Le sanglier aurait plutôt tendance à rester sur son territoire, si on le laisse tranquille. Dès lors, les animaux malades ont peu de chance de mourir hors zone d'épidémie. Ils meurent sur place au bout d'une dizaine de jours. Reste alors à récupérer les carcasses par la suite.

Actuellement, la zone de 63.000 hectares délimitée dans les environs d'Etalle est interdite à toute circulation jusqu'au 15 octobre, la présence d'un foyer de peste porcine ayant été établie le 13 septembre. Hier, plusieurs secteurs économiques paralysés par l'interdiction de circuler dans la zone infectée souhaitaient une réduction du périmètre sécurisé.  Une réduction à une zone de 12.000 hectares fait partie des hypothèses envisagées mais aucune décision n'a été prise.  Pour information, les sangliers malades découverts jusqu'à présent l'ont été dans un périmètre de 300 hectares.  Clôturer la zone est aussi une hypothèse de travail. Les agents de la division Nature et Forêts ont entamé un inventaire des clôtures existantes.

L'abattage des porcs d'élevage est inévitable

Pour le moment, les éleveurs de porcs de la région touchée n'ont d'autre solution que d'accepter l'abattage de leur cheptel. Avant samedi, ils peuvent faire abattre leurs animaux à des fins de consommation personnelle.  A partir de samedi, l'Afsca se chargera de l'abattage systématique des 4000 porcs de la région.

Les éleveurs  concernées peuvent obtenir des informations au numéro vert 0470/84 18 67, mis en place exclusivement pour eux par le Collège des producteurs, sur demande du Ministre wallon de l'Agriculture, de la Nature et de la Forêt.

Cette décision d'abattage systématique a fait l'objet d'une discussion ce mardi au Conseil européen de l'Agriculture qui se tenait à Vienne.  Le point était mis à l'ordre du jour par le Ministre fédéral belge de l'Agriculture, Denis Ducarme, qui souhaitait présenter à ses collègues européens les mesures prises pour endiguer la propagation de la peste porcine africaine, en rappelant que la filière porcine belge n'était pas touchée par la maladie.   Plusieurs ministres européens de l'Agriculture ont souligné la rapidité de la réaction belge. 

Avec le soutien de la Commission européenne

La Commission européenne a apporté son soutien à la mesure d'abattage des 4000 porcs situés dans la zone infectée par la peste porcine africaine.  Elle s'est aussi engagée à cofinancer l'indemnisation sanitaire en faveur des éleveurs.

Au sujet de ces indemnisations, le Ministre de l'Agriculture rencontrera mercredi les représentants du secteur agricole pour aborder les détails relatifs aux indemnisations prévues par le Fonds fédéral de Santé animale.

 

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