Perquisition et début d'une instruction pour dumping social sur le chantier du Grand Hôpital de Charleroi

Les informations de dumping social sur le chantier du Grand Hopital de Charleroi ont poussé l’Auditorat du travail du Hainaut à mettre le dossier à l’instruction, a confirmé Charles-Eric Clesse, auditeur du travail du Hainaut. Mardi, la RTBF révélait les pratiques d’une société sous-traitante du chantier du Grand Hopital de Charleroi, bien que celui-ci affirme, et pourrait, ne pas être au courant du procédé.

"Une pratique quasiment indétectable"

Dans cette affaire, l’hôpital de Charleroi pourrait n’être qu’une victime collatérale de la fraude. L’hôpital a en effet confié la construction de son nouvel hôpital, attendu pour 2024, à deux sociétés très connues dans le milieu de la construction : Franki SA et Jan de Nul N. Cette deuxième société sous-traiterait elle-même une partie du chantier via une société roumaine : SA Hidroconstructia.

Le chantier avait été contrôlé en septembre, tout était en ordre : contrats en règle, badges d’accès digitaux au chantier pour les ouvriers, respect des conventions collectives de travail (CP124) et paiement selon les salaires minimums belges (14,59€ brut/h). Sauf qu’au paiement, la société Hidroconstructia retirerait entre 25% et 50% du salaire pour le reverser en Roumanie, sans l’accord des ouvriers ni explications.

Ce jeudi, l’Auditorat du travail confirme l’ouverture d’une enquête. "Le dossier a été mis à l’instruction et une perquisition a eu lieu hier (mercredi)", confirme Charles-Eric Clesse, auditeur du travail du Hainaut. L’un de ces travailleurs a déposé plainte pour traite d’être humain. D’autres ouvriers auraient également fourni des documents pour ce qui concerne le volet financier.

Le Grand Hopital de Charleroi, par la voix de son porte-parole affirme ne pas être au courant de ces pratiques. La société Jan De Nul explique être "très préoccupé" par les informations et "prend la situation très au sérieux." Elle "regrette de ne pas avoir été informée d'éventuelles irrégularités sur le chantier" et rappelle qu'elle a "fait l'objet d'une inspection approfondie par l'Inspection du travail sur ce chantier au mois de septembre. L'inspection du travail et le ministère public avaient donné une très bonne évaluation à l'époque."

"Pour ces sociétés belges, il est tout à fait possible qu’elles ne soient au courant de rien puisque la fraude présumée est quasiment indétectable et qu’à première vue, tout semble en ordre", appuie Charles-Eric Clesse.

Aujourd’hui, la quarantaine d’ouvriers Roumains a quitté le territoire belge. Si cette forme de dumping social est confirmée, elle pourrait avoir cours sur de nombreux chantiers en Europe.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK