Pénurie : jusqu'à un an d'attente avant de trouver une aide ménagère à domicile

Pénurie: jusqu'à un an d'attente avant de trouver une aide-ménagère à domicile
Pénurie: jusqu'à un an d'attente avant de trouver une aide-ménagère à domicile - © Tous droits réservés

La demande pour une aide ménagère à domicile ne cesse de croître. Mais la pénurie aussi. Le recrutement reste difficile pour un métier pénible.

Quatre-vingts nouvelles demandes de clients par semaine, c’est le rythme effréné de l’entreprise Home Clean Service à Namur. La société fait partie des grands acteurs des titres-services en Wallonie avec près de 7000 clients et 1250 travailleurs. Chaque jour, de nouvelles demandes arrivent mais cela demeure généralement impossible de les satisfaire immédiatement : "On a des listes d’attente qui s’allongent. En fonction des zones, vous êtes certain de devoir parfois patienter plusieurs mois avant de décrocher une aide ménagère chez vous", explique Caroline Close, responsable recrutement.

Dans certaines régions comme le brabant wallon, l’attente peut durer un an. La commune de Chaumont-Gistoux est particulièrement touchée par la problématique selon cette entreprise. La situation socio-économique de la province qui l’explique : moins de chômage signifie plus de clients potentiels, qui n’ont pas forcément le temps de faire le ménage mais possèdent également le pouvoir d’achat pour s’offrir ce type de service. A l’opposé, cela implique aussi moins de demandeurs d’emplois prêts à travailler comme aide ménagère et "comme la mobilité de nos travailleurs reste un problème majeur", ça devient très compliqué de recruter dans la zone.

Un métier difficile

L’utilisation des titres services a encore augmenté de 1,5% en 2018 en Wallonie. Jael travaille désormais à la centrale de repassage de Bouge sur les hauteurs de Namur. Ancienne aide ménagère, la pénibilité du travail explique aussi la difficulté à trouver la perle rare : "Je n’ai pas hésité lorsqu’on m’a proposé de venir ici plutôt que continuer les ménages. C’est davantage d’heures payées, plus stable et j’ai une pause à midi ! Je faisais des centaines de kilomètres, devais investir dans mon véhicule… Je ne regrette vraiment pas mon choix".

"C’est vrai que le personnel vieillit, il y a de la fatigue physique qui s’accumule dans celui déjà en place et pas assez de nouveaux, Explique Marjorie Robert, sous-directrice de l’entreprise namuroise. Il y a pas mal de démarches de recrutements qui sont faites via différents médias, différentes recherches… Si on avait une quinzaine de candidates qui pouvaient se manifester, qui répondent à nos valeurs, on a du travail pour elles à la clef".

Un emploi sûr mais difficile. Les clients eux doivent s’armer de patience car la situation ne risque pas de s’améliorer de sitôt.