Pénurie de masques, une faute de Maggie De Block ? "C'est trop tôt pour le dire"

Toute cette semaine encore, l'émission CQFD en mode grand entretien, vous propose chaque soir 25 minutes avec un spécialiste pour faire le point sur l'épidémie de coronavirus, mais aussi pour vous permettre de poser toutes vos questions (via l'adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be). Notre invité, ce mercredi: David Clarinval, Vice-Premier ministre, ministre du Budget et de la Fonction publique.

De nouvelles mesures annoncées vendredi?

Après deux jours de baisse consécutifs, le nombre de nouvelles hospitalisations est malheureusement reparti à la hausse chez nous aujourd'hui"Il est clair que le pic n'est pas atteint, la situation est toujours épidémique", a indiqué Emmanuel André, le porte-parole interfédéral du Covid19. "On évalue la situation tous les jours en kern vidéo, le matin, parfois le soir", explique David Clarinval qui reconnaît que les chiffres du jour ne sont pas bons, tout en restant en-dessous des croissances exponentielles telles qu'observées en Italie.

Quant à de nouvelles mesures éventuelles à prendre, "c'est au CNS, le Centre National de Sécurité, à en décider, sur base des chiffres et analyses des scientifiques qui nous seront communiqués vendredi. Il y aura une réunion du Risk Management Group demain, il fera rapport vendredi et nous analyserons alors, sur base d'une période un peu plus longue, si nous devons adapter les mesures ou prendre d'autres décisions, prématurées aujourd'hui".

Quelle responsabilité politique? 

Malgré un réseau hospitalier parmi les plus denses d'Europe et un bon ratio lits de soins intensifs par habitants, cette crise sanitaire révèle de nombreux manquements. Le personnel actif dans les soins de santé au sens large a fait part de son désarroi, surtout en première ligne, quand l'équipement manque. "Les masques sont l'arbre qui cache la forêt", avait d'ailleurs commenté l'épidémiologiste, Marius Gilbert, dans CQFD lundi. 

Le Vice-Premier ministre reconnaît qu'il y a eu des manquements dans la gestion des masques: "une carence en différents produits, mais nous avons mis en place une taskforce avec cinq groupes de travail, pour accélérer les procédures d'achat de masques, mais aussi de respirateurs, de médicaments et de produits nécessaires", assure David Clarinval.

Une crise à 10 milliards d'euros

La pandémie de Covid19 va coûter 2,4 milliards d'euros par semaine en Belgique, selon la FEBSi la situation actuelle perdure 6 semaines, ça fera près de 15 milliards d'euros, avec une diminution de la croissance estimée à 2%. "Jusque là, nous y survivrons", a commenté le chef économiste de la FEB. Si c'est 12 semaines, par contre, "les conséquences économiques seraient bien plus difficiles à encaisser", avertit Edward Roosens.

"La crise va avoir un impact sur la conjoncture", commente David Clarinval, "et il sera direct sur les entreprises, les citoyens et le budget de l'état. Vous ajoutez à cela les mesures de soutien direct mises en place [...] Tout cela va coûter de l'ordre de 8 à 10 milliards d'euros, une estimation si la crise dure un mois. Bref, plus la crise sera courte, moins on devra payer".

Le Belge doit-il dès lors s'attendre à payer plus d'impôts ou voir leurs pensions rabotées? "L'Europe vient de décider de permettre aux pays de dépasser les 3% de déficit, c'est une bonne chose", répond David Clarinval, "il y a aussi des mesures de trésorerie, comme les garanties que nous allons proposer aux banques, à hauteur de 50 milliards d'euros, ou comme les reports de charges que nous permettons aux entreprises, en termes d'emprunt, cela ne coûte pas cher à la Belgique [...] Toutes les dépenses liées au coronavirus devraient pouvoir être séparées du cadre européen, ensuite on verra les impacts sur les plans conjoncturels et structurels,et  là il est possible que nous ayons à prendre des mesures, classiquement augmenter les recettes ou diminuer les dépenses", conclut le ministre du Budget et de la Fonction publique.

 

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face-à-face sur une question d’actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L'entièreté du débat à revoir ci-dessous.

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