Pénurie d’oxygène : le retour du cauchemar pour les malades du covid-19 ?

En temps normal, les patients atteints du coronavirus et qui ont du mal à respirer peuvent compter sur des outils : des appareils respiratoires ou des bonbonnes à oxygène. Mais avec l’arrivée de la deuxième vague de l’épidémie en Belgique, beaucoup sont contraints de (re) venir dans les hôpitaux, déjà surchargés. En cause : la pénurie d’oxygène qui menace, comme lors de la première vague, en avril.

Les malades à domicile ou en maison de repos n’ont pas d’autre choix que d’être hospitalisés, expliquent les médecins généralistes. À Courcelles, le docteur Mathilde Decouvreur a dû prendre cette décision pour deux de ses patients, septuagénaires et atteints du covid-19. "Les laisser tous les deux, seuls à la maison, c’est un risque assez élevé, et l’oxygène est vraiment un besoin vital dans ce cas-ci", affirme-t-elle.


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Oxycure, un des plus grands fournisseurs de matériel respiratoire, admet qu’il y a un véritable risque de pénurie. "On ne sait pas répondre à toute la demande, s’alarme Chantal Hardy, administratrice déléguée d’Owxycure Belgium. C’est malheureusement impossible et ça nous fait très mal, car ce n’est pas dans notre ADN." Selon elle, les hôpitaux font sortir les malades rapidement, afin de libérer des lits. Conséquence : les malades à domicile et en maisons de repos doivent se procurer des appareils, et la demande a explosé.

Jusqu’à quand pourra-t-on encore tenir ? "On en a encore, mais la semaine prochaine on va tomber à court, prévient Chantal Hardy, qui ne peut toutefois pas se prononcer sur le nombre de jours exacts restant. Tout dépend du retour des concentrateurs", ajoute-t-elle. Le mois prochain, du matériel en commande devrait arriver. Sera-t-il suffisant ? "Cela va dépendre de l’évolution de l’épidémie", note l’administratrice déléguée.

Lors de la première vague, des résidents de maison de repos avaient eu la possibilité de rester hospitalisés, car, si l’oxygénothérapie était possible, les ressources des homes ne suffisaient pas toujours. Mais il faut rappeler qu’à l’inverse, envoyer des résidents parfois très âgés à l’hôpital peut s’avérer dangereux : " Le remède risque de tuer le patient. Intuber une personne très âgée est risqué car ça implique une anesthésie de longue durée souvent mortelle pour la personne âgée", notait en avril Vincent Frédéricq, secrétaire général de la Fédération Femarbel des maisons de repos.

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