Pénurie d'infirmiers: l'allongement des études a des répercussions

Dans les hôpitaux ou les maisons de repos, les infirmières et infirmiers manquent. La pénurie est réelle et constatée depuis 2010. Depuis juin, elle s'accroît. Les 700 nouvelles recrues qui auraient dû finir leurs études resteront dans les auditoires. L'entrée sur le marché du travail est postposée.

Cette année est charnière puisque le programme d'études a changé. Les étudiants infirmiers qui ont commencé en 2016 sont concernés. Les études sont passées de 3 à 4 ans pour les bacheliers, de 3 à 3 ans et demi pour les brevetés. 

Des infirmiers engagés à l'étranger 

Pour pallier au manque, l'hôpital de Hornu a engagé préventivement 10 personnes alors qu'il en faudrait 15 dans son service. Le groupe hospitalier Chirec, lui, engage entre 60 et 100 infirmiers par an. Cette année, une quarantaine de personnes ont été engagées à l'étranger en attendant les futurs diplômés. Ils viennent d'Italie, d'Espagne, de Roumanie ou du Portugal. "Ce sont vraiment des gens de qualité qui ont fait l'effort d'apprendre le français" explique Claire Cogniaux, responsable de l'unité chirurgie viscérale au Chirec.

Les inscriptions dans les écoles en chute 

Cette pénurie risque de continuer. Dans les écoles, on note une baisse des inscriptions d'environ 10%. Le rôle pour le patient est pourtant essentiel. Pour Isabelle Cambier, directrice du département infirmier au Chirec, la profession doit être revalorisée: "Heureusement, on nous a adjoint des aides administratives, des aides logistiques. Nous avons les aides-soignants qui nous aident beaucoup mais la seule personne qui peut faire jour et nuit, 7 jours sur 7, c'est l'infirmière donc c'est pour elle tous les horaires inconfortables et ces prestations irrégulières sont mal rémunérées." Certains travailleurs/euses dénoncent en effet des cadences infernales de travail et un certain blues des blouses blanches. 

Delphine Haulotte, présidente de l’Association belge des praticiens de l’art infirmier tient les comptes : "On estime en général que du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les années 'normales', il y a environ 2500 étudiants qui sortent par an. Mais beaucoup se spécialisent donc ceux qui sont réellement sur le marché du travail représentent 1000 étudiants. Cette année, il y en aura environ 2 à 300. Cela risque d’être très problématique dans toute la Belgique d’engager des infirmiers, puisque c’est du Nord au Sud, mais ce n’est pas faute d’avoir alerté le gouvernement !". Et pour les mêmes raisons, l’année prochaine, ce sont les infirmiers spécialisés qui vont sans doute manquer.

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