Pénurie d'enseignants: "Beaucoup d'associations de parents et beaucoup de parents sont très inquiets"

À une semaine de la rentrée scolaire, l’Union Francophone des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique, l’UFAPEC, présente aujourd’hui ses réflexions, mais aussi ses revendications pour le futur gouvernement au sujet de l’éducation.

Chaque année, le même scénario, la même problématique : la pénurie d’enseignants. "Et cette pénurie est croissante. Elle s’explique par plusieurs facteurs. La première chose, c’est que la population scolaire croît. Nous avons actuellement plus de 600 jeunes qui entrent en première secondaire par rapport à il y a deux ans, donc ça fait vraiment une pression. Il y a de plus en plus d’élèves et moins de diplômés aujourd’hui. Il y a besoin de plus de professeurs, mais il y en a moins sur le marché, donc la pénurie s’installe", explique Bernard Hubien, secrétaire général de l’UFAPEC.

Il y a un problème de valorisation des métiers, "dans la mesure où l’entrée dans la carrière est complexe pour un jeune ou une jeune qui se destine à enseigner, dans la mesure où il/elle va devoir compléter son horaire en ayant des heures sur plusieurs écoles ; c’est très pénible".

Faire campagne pour que des jeunes aient envie de devenir enseignants

Concrètement, par rapport à cette réflexion sur la pénurie dans l’enseignement, l’UFAPEC demande que les mesures mises en place se poursuivent.

"Tout récemment, le 20 août, une circulaire est parue permettant aux enseignants retraités de plus de 65 ans de revenir dans les écoles, dans les classes, pour quelques heures pour combler les trous. C’est une bonne chose, mais ça ne doit pas être structurellement établi. Il faut vraiment que le prochain gouvernement prenne la mesure de la dévalorisation sociale du métier et fasse campagne pour que des jeunes aient envie de devenir enseignants et aient envie de transmettre aux jeunesses futures ce qu’ils ont apprécié et ce qu’ils maîtrisent. C’est très important."

Et cette pénurie a également une incidence sur les enfants : "Beaucoup d’associations de parents et beaucoup de parents sont très inquiets", précise-t-il.

"Je vous donne une situation de l’an dernier — entre le 15 septembre et le mois de mars, il n’y a pas eu de cours de langue pour des jeunes de troisième secondaire. Ces parents sont inquiets parce que pour l’année suivante, est-ce que le professeur suivant va tenir compte du fait que des cours n’ont pas été donnés ? Est-ce qu’on va tenir compte de cette situation lors des examens ? Il y a dans notre système des épreuves certificatives externes à la fin de la deuxième secondaire et en fin de sixième, le CE1D et le CESS. Est-ce qu’on va tenir compte du fait que des jeunes n’ont pas eu pendant plusieurs mois des cours dans des matières aussi importantes que sont les langues, les sciences, les maths, le français, etc. ? Dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence, on dit que ces matières sont des matières fondamentales. Mais si les cours ne sont pas donnés, comment peut-on attendre que les jeunes maîtrisent ces matières-là ?"

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