Pédophilie: un prêtre français relance l'affaire du cardinal Barbarin

Un curé de campagne français a lancé sur internet une pétition dans laquelle il demande à l'archevêque de Lyon Philippe Barbarin, accusé de ne pas avoir dénoncé à la justice des agressions sexuelles sur des enfants, de tirer les conséquences des dernières déclarations du pape sur la pédophilie et de démissionner "dans les plus brefs délais".

"Que la parole d'un petit prêtre comme moi reçoive un tel écho, c'est la preuve que c'était très attendu", a déclaré ce prêtre rattaché au diocèse de Valence (centre-est), le père Pierre Vignon, dont la pétition avait recueilli plus de 8.000 signatures mercredi en début d'après-midi, au lendemain de sa mise en ligne.

Il y appelle "publiquement et sans détour" à la démission du cardinal Philippe Barbarin, poursuivi par d'anciens scouts lyonnais pour ne pas avoir informé la justice de vieilles agressions de nature pédophile dans son diocèse, en particulier de celles commises par le père Bernard Preynat. Son procès a été reporté en avril dernier à janvier 2019.

Le père Vignon a ainsi relancé une affaire qui avait déclenché un scandale sur l'attitude de l'Eglise et conduit l'institution à prendre de nouvelles mesures dans la lutte contre la pédophilie.

Le Peuple de Dieu doit réagir et je suis donc dans mon droit de l'appeler à le faire

S'il abandonnait ses fonctions, Mgr Barbarin se conformerait, selon ce prêtre, à l'esprit de la lettre adressée lundi à l'ensemble des catholiques par le pape François après qu'eut éclaté aux Etats-Unis un énorme scandale d'actes de pédophilie, dont les auteurs ont été couverts pendant des années par l'Eglise locale.

"L'appel du Pape est clair", relève le père Vignon. "Le Peuple de Dieu doit réagir et je suis donc dans mon droit de l'appeler à le faire. C'est une question d'honneur."

Les faits reprochés sont anciens, datant d'avant 1991, et sont donc bien antérieurs à l'arrivée de Mgr Barbarin à la tête du diocèse de Lyon. Mais, s'adressant au prélat, le prêtre estime que celui-ci aurait dû remettre sa démission dès son fameux lapsus "'Grâce à Dieu, les faits sont prescrits'".

L'initiative du père Vignon est notamment relayée par François Devaux, le président de la Parole libérée, l'association regroupant les victimes du père Preynat à l'origine de la procédure engagée contre Mgr Barbarin.

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