Pédophilie: l'Église catholique allemande se dit "honteuse"

 L'Église allemande regrette que l'enquête ait fuité dans les médias avant sa présentation à la conférence de Fulda.
L'Église allemande regrette que l'enquête ait fuité dans les médias avant sa présentation à la conférence de Fulda. - © PATRICK PLEUL - AFP

L'Église catholique allemande a réalisé un premier acte de contrition ce mercredi après la publication par la presse d'un rapport relatant des milliers d'abus sexuels sur mineurs passés sous silence durant des décennies.

"Nous sommes conscients de l'ampleur des abus sexuels qui ont été démontrés par les résultats de l'étude. Nous sommes accablés et honteux", a déclaré l'évêque Stephan Ackerman dans un communiqué au nom de la conférence épiscopale allemande. Selon lui, ce rapport vise à apporter "plus de clarté et de transparence concernant cette page sombre de l'Histoire de l'Eglise".

Mgr Ackerman a cependant dénoncé le fait que ce document, commandé par l'Église il y a quatre ans, ait fuité dans les médias avant sa présentation à la conférence de Fulda prévue le 25 septembre, soulignant que les membres de cette assemblée n'étaient même "pas informés de l'ensemble de l'étude". Le dignitaire assure aussi que la fuite dans la presse est "un coup lourd porté aux victimes des abus sexuels", si bien qu'un numéro de téléphone de soutien a été mis en place.

Le frère de Benoît XVI également au cœur d'un scandale

L'Allemagne a été secouée par plusieurs affaires de ce type. L'une des plus retentissantes concerne le chœur catholique de Ratisbonne où, selon un rapport de juillet 2017, au moins 547 enfants ont subi des sévices physiques et des abus sexuels allant jusqu'au viol entre 1945 et 1992.

Dans cette affaire, sont indirectement mis en cause le frère de l'ancien pape Benoît XVI et le cardinal Gerhard Ludwig Müller, l'ex-chef de la Congrégation pour la doctrine de la foi écarté en 2017 par le pape François. Ces deux dignitaires religieux sont critiqués pour ne pas avoir suffisamment œuvré à faire la lumière sur ce drame.

Mgr Georg Ratzinger, le frère de l'ancien pape Benoît XVI, qui a dirigé de 1964 à 1994 ce chœur millénaire de petits chanteurs, a assuré n'avoir pas eu connaissance de sévices sexuels. Mais pour un avocat de victimes, Ulrich Weber, il a "détourné le regard" et fait régner une "culture du silence".

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