Pédophilie au sein de l'Eglise: la fondation Dignity a versé 4,5 millions aux victimes

Le professeur Manu Keirse (au centre)
Le professeur Manu Keirse (au centre) - © THIERRY ROGE - BELGA

Entre 2012 et 2017, la fondation d'utilité publique Dignity a versé un total de 4.579.752 euros de dédommagements aux victimes d'abus sexuels au sein de l'Eglise, indique mardi son président, le professeur Manu Keirse, également à la tête de la Commission interdiocésaine pour la protection des enfants et des jeunes. "Les diocèses et le clergé peuvent également avoir fait des versements mais je n'ai pas de vue là-dessus", précise-t-il.

Une mise à jour d'un rapport des Évêques et Supérieurs majeurs de Belgique sur le nombre de cas d'abus sexuels dans l'Eglise, publiée mardi, fait état de 1.054 victimes qui se sont manifestées depuis 2010. Cette année-là, les évêques du Royaume avaient en effet lancé un appel aux victimes potentielles d'abus sexuels, pour qu'elles se présentent. Parmi ces dossiers, 628 ont été rapportés au Centre d'arbitrage (dont 506 ont donné lieu à une compensation financière), tandis que 426 victimes se sont tournées vers l'un des 10 points de contact que l'Église a créés, pour 349 compensations financières au final.

La plupart des faits se sont déroulés en Flandre (74%), et un quart (26%) en Belgique francophone. "Cela vient probablement du fait que davantage de prêtres sont actifs auprès de la jeunesse au nord du pays", analyse Manu Keirse.

Dans 83% des cas, les victimes étaient âgées de plus de 40 ans au moment où elles ont rapporté les faits et 35% avaient plus de 60 ans.

Au moment des faits, dont la quasi totalité remontent à plus de 28 ans, 73% des victimes avaient entre 10 et 18 ans et 19% étaient âgées de moins de 10 ans.

Ce rapport montre encore que 43% des faits ont eu lieu dans des écoles, 28% au sein de paroisses ainsi que 5% au détriment d'acolytes et que 76% des victimes sont des hommes.

"Ces dernières années, dans notre pays, des centaines de victimes d'abus sexuels dans une relation pastorale ont enfin eu le courage d'en parler. Depuis lors, et grâce à l'aide de nombreuses personnes, nous travaillons à l'élaboration d'une politique cohérente. Elle passe surtout et avant tout par la reconnaissance du mal causé aux victimes, de leur impuissance face à l'abuseur, du silence auquel elles ont été condamnées et du dommage à leur épanouissement personnel", commente le cardinal De Kesel, président de la Conférence des évêques de Belgique.

La fondation Dignity, qui ne peut traiter que les faits civilement prescrits, a été créée pour représenter l'Eglise lors des procédures devant le Centre d'arbitrage et pour indemniser les victimes à la suite des décisions de ce dernier. Dignity s'emploie ensuite à récupérer les sommes payées auprès des instances responsables. Celles-ci essayent ensuite de percevoir ce montant auprès de l'abuseur, lorsque cela est possible.

Journal télévisé 22/02/2016

Ce jour là,  l'Eglise de Belgique présentait un rapport complet sur les affaires de pédophilie la concernant

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