"Paysans-artisans" ouvre un centre de tri, sa nouvelle arme vers le changement

La gare de Floreffe a été entièrement rénovée pour correspondre aux ambitions de la coopérative "Paysans-artisans". Une belle salle, un garage, de nombreux frigos et un bar: tout est prêt pour les prochaines étapes de sont développement: "Un moment nous devions décider si nous voulions rester petits, familiaux ou bien si nous voulions grandir, explique Bertrand Delvaux qui aide ce vendredi matin à remplir les 500 paniers commandés cette semaine. On a vite pris la décision de grandir et nous avons rénové cette gare pendant 6 mois. Aujourd'hui nous prenons possession de ces locaux qui sont beaucoup plus pratiques, mieux pensés, adaptés pour le tri. Mais bientôt ils seront déjà trop petits".

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Plus de 500 paniers sont distribués chaque semaine à l'aide de bénévoles et de travailleurs rémunérés via un groupement d'employeurs. © Tous droits réservés

Une petite bête qui monte, qui monte, qui monte

La coopérative "Paysans-artisans", c'est une véritable réussite du genre. Parmi les myriades d'initiatives citoyennes pour consommer local et sain, elle fait figure d'exemple. Depuis 2013 et un constat, "nous nous sommes rendus compte qu'il y avait de moins en moins de producteurs, que l'alimentation devenait hyper concentrée", plusieurs individus se sont groupés, emplis par le même sentiment de révolte. Trois années plus tard, ce sont 400 coopérateurs, 60 producteurs, 2000 clients réguliers et un chiffre d'affaire hebdomadaire de 20 000 euros. Une machine bien huilée, supportée par des des dizaines de bénévoles: "Nous avons la chance d'être très bien situés, explique Benoît Dave. La zone est peuplée, plutôt favorisée socialement par rapport à d'autres zones où il est plus compliqué de trouver des gens, des producteurs ou des acheteurs".

Un empire, non, une république !

Le développement est tel qu'aujourd'hui, sur le territoire de 8 communes couvertes par la coopérative, onze lieux d'enlèvement sont déployés. Mais les projets ne s'arrêtent pas là: une coopérative foncière pour différencier l'activité des paniers de légumes et de produits de bouche a été créée. Un restaurant est ouvert le vendredi soir, les projets immobiliers sont nombreux.

Depuis 2013, quatre emplois ont été créés de même que 4,5 équivalents temps pleins au sein d'un groupement d'employeurs pour fournir en main d’œuvre 13 producteurs et la coopérative elle-même. La coopérative s'étend donc inexorablement, enfin presque: "Nous avons une limite territoriale fixée, explique Thérèse-Marie Bouchat, la présidente du conseil d'administration. Nous pouvons donc multiplier les initiatives ici mais pas avoir une politique extensive. Nous avons déjà suffisamment de potentiel et de projets de développement sur la superficie de notre république".

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La coopérative tente avec ses douze volontaires et travailleurs de rationaliser la répartition dans les paniers afin d'être le plus efficace possible. © Tous droits réservés

Ils appellent leur territoire une république. Leur nouveau centre de tri est surnommé, lui, leur quartier général. A travers ce langage imagé, presque martial mais aussi clairement politique, il y a cette idée complètement assumée de vouloir faire changer les choses: "Nous proposons plusieurs centaines de produits en ligne, c'est un moyen évident d'aller chercher des parts de marché à la grande distribution, justifie Thérèse-Marie Bouchat. nous ne voulons pas du modèle agro-alimentaire qu'ils proposent et cherchons des producteurs qui sont indépendants".

Les 60 producteurs partenaires vendent leurs produits à un prix plus élevé, considéré comme plus juste et "libéré des pressions de la grande distribution".

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